Fourberie des prêtres de Sérapis.]

La fourberie des prêtres contribuait à le rendre célèbre par de faux

miracles, propres à surprendre la crédulité du vulgaire. La statue

de Sérapis étant placée à l'occident, on avait pratiqué dans le mur

oriental une ouverture étroite et imperceptible, par laquelle le

soleil, dans un certain jour de l'année, dardait à une certaine heure

ses rayons sur la bouche de l'idole. Ce jour-là on apportait dans le

temple une image du soleil pour saluer Sérapis. Le peuple, à la vue

du rayon qui éclatait sur les lèvres de la statue, ne doutait pas que

ce ne fût un baiser du dieu du jour: il applaudissait à grands cris à

l'embrassement des deux divinités, et les prêtres ne manquaient pas,

après quelques moments, de refermer l'ouverture et d'enlever l'image

du soleil, dont la visite ne pouvait être plus longue sans trahir

l'artifice. On raconte encore des prodiges d'une pierre d'aimant placée

à la voûte du temple, et dont les prêtres seuls avaient connaissance.

Si l'on en pouvait croire les auteurs sur cet article, elle aurait

admirablement servi l'imposture. Selon quelques-uns, on plaçait sous

cette pierre, une ou deux fois l'année, une figure du soleil d'un fer

très-mince et très-léger, qui s'élevait d'elle-même jusqu'à la voûte.

Selon d'autres, un char de fer avec les chevaux, représentant le char

du soleil, y demeurait perpétuellement suspendu. Ils ajoutent que, dans

le temps de la démolition, un chrétien ayant enlevé la pierre d'aimant,

toute la machine tomba et se brisa avec fracas; mais ces merveilles

sont de la même nature que celles qu'on a si long-temps débitées sur le

tombeau de Mahomet.

[Note latérale: XVIII.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 335 / 388 题