On met en pièces la statue.]

L'évêque, accompagné du gouverneur et du comte, étant entré dans le

temple, commanda d'abattre la statue. Cet ordre fit pâlir d'effroi les

chrétiens mêmes. C'était une opinion répandue parmi le peuple, que

si quelqu'un osait porter la main sur Sérapis, la terre s'ouvrirait

aussitôt, et que toute la machine du monde s'écroulerait dans l'abîme.

Théophile, qui méprisait ces rêveries, donna ordre à un soldat armé

d'une hache de frapper Sérapis. Au coup qu'il porta en tremblant,

tous les assistants poussèrent un grand cri: le soldat redoubla et

mit en pièces le genou de l'idole, qui n'était que de bois pourri. On

le jetta au feu; et les païens s'étonnèrent de le voir brûler sans

que ni le ciel ni la terre donnassent aucun signe de vengeance. On

abattit la tête, dont il sortit une multitude de rats auxquels le dieu

servait de retraite. On brisa ensuite les membres, on les arrachait

avec des cordes, on les traînait par la ville, enfin on les réduisait

en cendres. Le tronc fut brûlé dans l'amphithéâtre, et les païens

eux-mêmes n'épargnèrent pas les railleries à cette divinité auparavant

si redoutée.

[Note latérale: XIX.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 336 / 388 题