Ruf. l. 12. c. 24, et 25.]

Alexandrie était dans l'empire le second rempart où l'idolâtrie

continuait à se défendre. La superstition égyptienne, la plus ancienne

de toutes et la plus chargée des chimères que l'esprit humain sait

produire, y dominait encore, malgré les efforts de tant de saints

évêques. Cynégius, qui avait été envoyé en Égypte cinq ans auparavant,

n'avait osé entreprendre de détruire le paganisme dans une ville

fanatique et séditieuse; mais la découverte d'une horrible imposture,

toute semblable à celle qui, du temps de Tibère, avait excité une

indignation générale, aida beaucoup à décréditer les idoles. Un prêtre

de Saturne, nommé Tyrannus, abusait des femmes les plus qualifiées de

la ville, en persuadant à leurs maris que le Dieu exigeait qu'elles

passassent la nuit dans son temple. Les maris s'estimaient honorés de

la préférence; ils paraient eux-mêmes leurs épouses et les conduisaient

au rendez-vous. La nuit venue, le prêtre, caché dans la statue du Dieu,

faisait parler l'idole; il éteignait les lampes au moyen de certaines

cordes disposées à ce dessein, et contentait ses désirs impurs. Une

femme moins crédule que les autres le reconnut à sa voix; elle en

avertit son mari. Le fourbe appliqué à la question avoua ses crimes: il

fut puni; mais la honte de son impiété rejaillit sur tous les payens

d'Alexandrie.

[Note latérale: X.

Occasion d'une sédition des payens dans Alexandrie.

Ruf. l. 12. c. 22, et seq.

Socr. l. 5. c. 16 et 17.

Soz. l. 7. c. 15 et 20.

Eunap. in Ædesio. t. 1. p. 44 et 45. ed. Boiss.

Macrob. l. 1. c. 20.

Theod. l. 5. c. 22.

Suidas, Ὄλυμπος et Σάραπις.

Amm. l. 22. c. 16.

Liban. de templis. p. 20 et 21.

Prosp. prom. l. 3, c. 38.

Marc. chr. Theoph. p. 61 et 62.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 327 / 388 题