Comme selon les maximes romaines, c'était le trésor public qui devait
fournir aux dépenses de la religion, les sacrifices cessèrent dès que
le trésor fut fermé: les temples furent abandonnés; une grande partie
de leurs ornements furent transportés dans les églises chrétiennes;
les fêtes des dieux tombèrent dans l'oubli, et les sacerdoces dans
le mépris; on permit au peuple d'abattre les objets de la vénération
païenne, car, selon saint Augustin, les chrétiens ne les détruisaient
qu'avec la permission du prince: _Nous songeons_, dit-il, _à briser
les idoles dans le cœur des payens, avant que de les renverser de
leurs autels_. Mais l'empereur réserva pour l'ornement de la ville,
et fit placer en différents lieux, les statues faites par d'excellens
artistes. Dans cette proscription de l'idolâtrie, il y eut peu
d'opiniâtres. Les grands et les petits couraient en foule à l'église
de Latran, pour y recevoir le baptême. Plusieurs sénateurs reconnurent
leur aveuglement[697]. L'empereur n'employa jamais les supplices, il
n'exclut pas même les païens des dignités, et la différence de religion
n'effaçait pas dans son esprit le mérite des talents ni des services.
L'idolâtrie terrassée dans Rome par Théodose, affaiblie encore dans
la suite par son fils Honorius, ne fut cependant tout-à-fait étouffée
qu'en 451, par l'édit de Valentinien III et de Marcien.
[Note 697: Prudence raconte longuement et en termes magnifiques,
(_in Symmach._ l. 1, t. 545 et seq.) la conversion rapide des sénateurs
romains.
Exultare patres videas, pulcherrima mundi
Lumina conciliumque senum gestire Catonum,
Candidiore togâ niveum pietatis amictum
Sumere, et exuvias depone re pontificales.
......................................
Et dubitamus adhuc Romam tibi, Christe dicatam
In leges transisse tuas?
--S.-M.]
[Note latérale: IX.
Imposture d'un prêtre payen.