Théodose assembla le sénat: il exposa en peu de mots la folie du
paganisme; il exhorta les sénateurs à embrasser _une religion sainte,
émanée de Dieu même, dont les dogmes étaient autorisés par tant de
miracles, et dont la morale pure, simple et sublime élevait sans
recherche et sans étude, les derniers des hommes au-dessus des plus
grands philosophes, supérieurs eux-mêmes aux dieux qu'ils adoraient_.
Il permit ensuite de parler, et il écouta les raisons de ceux qui
défendaient la cause du paganisme. Ce qu'ils disaient de plus fort se
réduisait à ceci: _Que le culte qu'on voulait proscrire était aussi
ancien que Rome; que leur ville subsistait avec gloire depuis près
de douze cents ans sous la protection de leurs dieux; qu'il y aurait
de l'imprudence à les abandonner pour adopter une religion nouvelle,
dont les effets seraient peut-être moins heureux_. Théodose les voyant
obstinés, leur déclara, _que Valentinien, aussi bien que lui, ne
regardant qu'avec horreur le culte impie dont ils étaient entêtés,
on ne devait plus s'attendre à tirer du trésor public les frais
nécessaires pour les sacrifices; que d'ailleurs ce fardeau devenait
insupportable à l'état, qui étant environné de barbares avait plus
besoin de soldats que de victimes_. Après ces paroles il les congédia.
[Note latérale: VIII.