Grut. inscr. p. 285. nº 8 et 286. nº 5.]

Mais Théodose méditait depuis long-temps une entreprise bien plus

importante et plus difficile. C'était la destruction de l'idolâtrie.

Il était réservé à ce prince et à ses enfants de consommer ce grand

ouvrage, et d'accomplir dans toute l'étendue de l'empire ces oracles

fameux qui, tant de siècles auparavant, avaient annoncé la chute des

idoles. Rome était déja remplie de chrétiens; ils composaient la plus

grande partie du peuple et même du sénat; mais les sacrifices abolis

dans plusieurs provinces, s'étaient jusqu'alors maintenus dans Rome.

Symmaque les soutenait encore par son éloquence, par son crédit, par

une réputation éclatante de probité et de vertu. Albinus, préfet de

Rome, qui avait succédé dans cette charge à l'historien Aurélius

Victor, avait aussi une grande autorité; et quoiqu'il eût deux filles

Læta[695] et Albina[696], qui sont devenues célèbres dans l'Église

par leur piété, il était considéré comme un des principaux chefs de

la religion payenne. La superbe architecture des temples, la richesse

de leurs ornements, la beauté des statues des divinités sorties de la

main des plus célèbres ouvriers de l'ancienne Grèce, en un mot, tout le

brillant appareil de la superstition attachait le peuple, dont l'esprit

se laisse aisément séduire par les yeux. On préférait à une religion

sérieuse et toute spirituelle un culte qui respirait la joie et les

plaisirs. Les fêtes introduisaient les divertissements, souvent même

les dissolutions; les cérémonies les plus augustes étaient égayées de

danses, de festins et de spectacles.

[Note 695: Elle fut mariée au sénateur Toxotius, père de sainte

Paule. Voyez tom. 3, pag. 399, not. 1, liv. XVIII, § 8. S. Jérôme

lui dit dans une lettre (ep. 107, tom. 1, pag. 671), _Tu es nata de

impari matrimonio: de te et Toxotio meo Paula generata est. Quis

hoc crederet, ut Albini pontificis neptis de repromissione matris

nasceretur: ut præsente et gaudente avo, parvulæ adhuc lingua

balbutiens Christi alleluia resonaret, et virginem dei in suo gremio

senex nutriret?_--S.-M.]

[Note 696: Mère de sainte Mélanie la jeune.--S.-M.]

[Note latérale: VII.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 324 / 388 题