Il ne montra pas moins de zèle à réprimer les abominations des
Manichéens. Il les chassa de Rome, et les déclara incapables de tester
ni de recevoir par testament, comme étant exclus du commerce des
hommes[692]. Il ordonna qu'après leur mort leurs biens seraient saisis,
et distribués au peuple. Le pape Sirice joignit à cette sévérité du
prince les rigueurs de la discipline ecclésiastique. Comme plusieurs
d'entre eux, pour se déguiser, se mêlaient parmi les catholiques,
il défendit de recevoir à la communion aucun de ceux qui auraient
jamais été infectés de cette hérésie: mais s'ils étaient véritablement
convertis, il commanda de les renfermer dans des monastères pour y
faire une rude pénitence, et de ne leur accorder l'eucharistie qu'à
la mort. Théodose fut plus indulgent à l'égard des Novatiens et des
Donatistes, qui continuèrent d'avoir leurs évêques. Il ne fit aucune
grace aux magiciens: il voulut qu'on les déférât aux tribunaux, dès
qu'on en aurait connaissance[693]; mais comme ces malheureux fanatiques
étaient censés proscrits, et que chacun se croyait en droit de les tuer
d'autorité privée, l'empereur le défendit sous peine de mort. Il semble
qu'il ait ignoré la véritable raison qui rend ces homicides criminels;
celle qu'il apporte, c'est qu'il craint que leurs complices ne prennent
ce moyen de se soustraire eux-mêmes à la justice, ou qu'on n'abuse de
ce prétexte pour satisfaire des inimitiés particulières.
[Note 692: Par sa loi rendue à Rome, le 17 juin 389.--S.-M.]
[Note 693: La loi donnée contre eux fut promulguée le 16 du mois
d'août de cette même année.--S.-M.]
[Note latérale: V.
Réglements qui concernent le sénat et les jugements.
Symm. l. 4. ep. 29, 45. l. 5. ep. 9. l. 10. ep. 21.