Cod. Th. l. 12. tit. 16. leg. unic.]

Il s'appliqua ensuite à corriger les désordres. L'histoire en cite

deux, dont on ne trouverait point d'exemple dans les nations les

moins policées. On avait bâti depuis long-temps de vastes édifices,

où l'on faisait le pain qu'on distribuait au peuple: ce travail était

attaché à certaines familles à titre de servitude; c'était aussi la

punition des moindres crimes, que d'être condamné à tourner la meule:

car alors on écrasait encore le grain à force de bras. Comme le nombre

des travailleurs diminuait tous les jours, les entrepreneurs, pour

y suppléer, eurent recours à un expédient criminel et barbare. Ils

établirent à côté de leurs boulangeries des cabarets où des femmes

perdues attiraient les passants; on y avait ménagé des trappes, qui

communiquaient à de profonds souterrains, où les moulins étaient

placés. Les malheureux qui s'engageaient dans ces lieux de débauche,

tombant dans ces cachots ténébreux, y étaient détenus et condamnés à

tourner la meule toute leur vie, sans espérance de revoir le jour.

Cette cruelle supercherie, ignorée de tout autre que de ceux qui la

pratiquaient, s'exerçoit depuis plusieurs années, et quantité de

personnes, surtout d'étrangers, avaient ainsi disparu. Enfin, un

soldat de Théodose ayant donné dans ce piége, et se voyant environné

de ces spectres hideux, se jeta sur eux le poignard à la main, en

tua plusieurs, et força les autres à le laisser sortir. L'empereur

en étant informé, punit sévèrement les entrepreneurs, détruisit ces

repaires de brigands; et afin de ne pas laisser manquer le service du

peuple, il fit un réglement pour y attacher un nombre suffisant de

travailleurs. L'autre désordre était un scandale public. Lorsqu'une

femme était convaincue d'adultère, on lui imposait pour châtiment la

nécessité de multiplier ses crimes. Renfermée dans une cabane destinée

à la débauche, elle était obligée de se prostituer à tous venants, et

de sonner une cloche toutes les fois qu'elle recevait un nouvel hôte,

afin que le voisinage fût averti de ses horreurs. L'empereur abolit

cette détestable coutume, fit abattre ces cabanes, et condamna les

femmes adultères à de rigoureuses punitions.

[Note latérale: IV.

Lois contre les Manichéens et les magiciens.

Cod. Th. l. 9. tit. 16. leg. 11. l. 16. tit 5. leg. 18.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 321 / 388 题