Till. Théod. art. 46.]

L'inclination bienfaisante de Théodose fut pour les sénateurs payens un

motif de faire une nouvelle tentative en faveur de l'idolâtrie. Maxime

leur avait donné lieu d'espérer le rétablissement de l'autel de la

Victoire. Ils députèrent à Théodose pour demander cette grace[676]. Ils

trouvèrent encore auprès du prince un obstacle invincible dans le zèle

de saint Ambroise: le prélat s'opposa à leur requête avec son courage

ordinaire; et comme Théodose semblait flatté du désir de satisfaire le

sénat de Rome, Ambroise cessa de le voir et se tint pendant quelques

jours éloigné de la cour. Son absence donna un nouveau poids à ses

remontrances, et Théodose rejeta la demande des sénateurs. Symmaque,

qui avait peut-être encore cette fois plaidé la cause du paganisme,

voulut profiter de l'occasion pour se laver du reproche qu'on lui

faisait avec justice, d'avoir déshonoré son éloquence en faveur de

Maxime. Il prononça un éloge de Théodose, dans lequel il faisait sa

propre apologie, et montrait qu'il s'était personnellement ressenti

des injustices de l'usurpateur[677]; mais comme il eut la hardiesse

de revenir encore sur la demande du sénat, Théodose, irrité de cette

opiniâtreté importune, le fit sur-le-champ arrêter, avec ordre de le

conduire à cent milles de Rome. Symmaque s'échappa et se réfugia dans

une église; et le prince se laissa bientôt adoucir par les prières de

plusieurs personnes distinguées[678]. Il pardonna à Symmaque, et lui

rendit même toute la faveur dont il l'honorait depuis long-temps.

[Note 676: Voici l'indication chronologique de toutes les

tentatives faites par le sénat, pour obtenir le rétablissement de

l'autel de la Victoire. La première fois en 382, on s'adressa à

Gratien qui refusa d'entendre les députés. La seconde en 384, auprès

de Valentinien, durant la dispute de Symmaque avec Saint Ambroise; la

troisième en 388, auprès de Théodose; c'est celle dont il s'agit ici:

et enfin en 392, auprès du jeune Valentinien.--S.-M.]

[Note 677: _Non puto_, dit-il, _bonis temporibus eam causæ meæ

conditionem futuram; quæ sub tyranno fuit, cujus litteris ad Marcellini

suggestionem datis homines meos scis esse mulctatos. Quod in panegyrici

defensione non tacui._ Symmach. lib. 2, ep. 31.--S.-M.]

[Note 678: Parmi lesquelles Socrate compte, l. 5, c. 14, Léontius,

évêque des Novatiens de Rome.--S.-M.]

[Note latérale: LXVII.

Synagogue de Callinicus.

Ambr. ep. 40 et 41. t. 2. p. 946-963.

Paulin, vit. Ambr. § 22.

Till, vie de S. Amb. art. 53-55.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 312 / 388 题