Idem, Theod. art. 45.]

Cependant, il était de la justice de ne pas étendre l'indulgence

jusqu'à laisser subsister les actes injustes du tyran. C'est pourquoi

Théodose cassa les lois que Maxime avait publiées, et déclara ses

jugements nuls et sans effet[673]. Il obligea ceux qu'il avait revêtus

de jurisdiction de rendre leurs brevets; il ordonna que les sentences

qu'ils avaient prononcées fussent rayées de tous les registres

publics, comme étant sans autorité; il excepta les actes et les

conventions civiles, passées sans fraude et sans contrainte entre les

particuliers[674]. On voit même par une loi de l'année suivante, qu'il

confisqua les biens de ceux qui avaient abusé de la faveur de Maxime

pour exercer dans la Gaule des concussions et des violences. C'est

ainsi que Théodose rendit la paix à l'empire. La mort de Justine assura

celle de l'Église. Cette princesse arienne n'eut pas la satisfaction

de voir son fils rétabli dans ses états; avant que la guerre fût

terminée, elle alla rendre compte à Dieu des persécutions qu'elle avait

suscitées aux catholiques. Théodose, après s'être arrêté deux mois à

Aquilée, vint à Milan, où il passa le reste de l'année et les cinq

premiers mois de la suivante[675]. Il demeura trois ans en Italie,

pour rétablir l'ordre dans l'Occident, et pour instruire dans l'art de

régner le jeune Valentinien, dont il gouverna les états avec le zèle

et l'autorité d'un père. Ce grand prince ne croyait au-dessous de lui

aucun des détails qui pouvaient contribuer au succès des affaires.

Les provinces qui abondaient en mines de fer, étaient obligées d'en

fournir une certaine quantité pour forger les épées et les autres

armes: elles acquittaient ainsi leur tribut. On en tirait beaucoup

des mines du mont Taurus et de la Cappadoce. Mais on voit que les

fraudes, si préjudiciables à l'état dans ce qui regarde la fourniture

des armées, étaient dès-lors connues et pratiquées. Des entrepreneurs

infidèles et avares se faisaient donner de l'argent au lieu de fer,

et employaient pour les armes des soldats, des matières de mauvaise

qualité, qui leur coûtaient beaucoup moins qu'ils n'avaient reçu. Ces

misérables, pour le plus léger profit, auraient fait perdre vingt

batailles. Théodose, dans son expédition contre Maxime, s'étant aperçu

de cette fraude, la défendit par une loi du 18 octobre de cette année,

et ordonna que les provinces fourniraient en nature le meilleur fer. Il

n'est pas dit qu'il ait puni, et par conséquent l'abus dut continuer.

[Note 673: Par deux lois, rendues la première à Aquilée le 22

septembre, et l'autre à Milan le 10 octobre 388.--S.-M.]

[Note 674: Par une loi donnée à Milan, le 14 janvier 389.--S.-M.]

[Note 675: On voit par une loi, qu'il était encore à Milan le 27

mai de l'an 389.--S.-M.]

[Note latérale: LXVI.

Théodose refuse de rétablir l'autel de la Victoire.

Ambr. ep. 57, t. 2, p. 1010.

Symm. l. 2, ep. 13 et 31.

Socr. l. 5, c. 14.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 311 / 388 题