Maxime n'avait pas eu le courage de se trouver en personne à l'une ni
à l'autre bataille: il s'était tenu à quelque distance de ses armées.
A la nouvelle de la double victoire de Théodose, il prit la fuite
sans tenir de route certaine: détesté des vaincus, poursuivi par les
vainqueurs, déchiré au dedans par les remords de son crime, il ne
voyait nulle retraite assurée. Conduit par la crainte, le guide le plus
infidèle, il alla se jeter dans Aquilée; c'était se renfermer lui-même
dans une prison, pour y attendre le supplice. La ville n'était pas en
état de tenir contre une armée victorieuse. Théodose marchait avec
ses troupes légères; lorsqu'il approchait d'Émona[656], qui venait
de ressentir tous les maux d'un long siége, les habitants sortirent
au-devant de lui avec les démonstrations de la joie la plus vive.
Les sénateurs vêtus d'habits blancs, les prêtres païens, couverts de
leurs plus riches ornements, étaient suivis de tout le peuple, qui
faisait retentir l'air de chants de victoire. L'entrée du prince fut
un triomphe. Les portes étaient ornées de fleurs, les rues de riches
tapis: partout brillaient des flambeaux allumés; une multitude de
tout sexe et de tout âge s'empressait autour du vainqueur; tous le
félicitaient et priaient le ciel de couronner ses succès par la mort du
tyran.
[Note 656: Pacatus donne, c. 37, à cette ville le surnom de
_Pia_, à cause de la fidélité qu'elle avait montrée envers le jeune
Valentinien.--S.-M.]
[Note latérale: LXI.
Mort de Maxime.
Pacat. c. 43, 44 et 45.
Claud. in 4º. Consul. Honor.
Oros. l. 7, c. 35.
Auson. in Aquileia.
Vict. epit. p. 232.
Zos. l. 4, c. 46 et 47.
Socr. l. 5, c. 14.
Philost. l. 10. c. 8.
Prosp. chr.
Idat. chr. et fast.
[Greg. Tur. l. 2, c. 9.]