Ambr. ep. 40. t. 2, p. 946.]

Marcellinus était arrivé le même jour à Pétau. Théodose s'étant remis

en marche le lendemain, vint le troisième jour sur le soir camper en sa

présence. Les deux généraux et les deux armées ne respiraient que le

combat: le succès animait les uns; la rage et le désir de la vengeance

enflammait les autres. Ils passèrent la nuit dans une égale impatience.

Dès que le jour parut, on se rangea en bataille: c'était des deux

côtés la même disposition; les cavaliers sur les ailes, l'infanterie

au centre; à la tête, des pelotons de troupes légères. On s'ébranla,

et, après quelques décharges de traits et de javelots, on s'avança

de part et d'autre avec une égale fierté pour se charger l'épée à la

main. La victoire fut quelque temps disputée. Marcellinus savait la

guerre, il avait un courage digne d'une meilleure cause; ses soldats

se battaient en désespérés; enfin, enfoncés de toutes parts, ils se

débandèrent et prirent la fuite. Ce ne fut plus alors qu'un affreux

carnage: la plupart, mortellement blessés, allèrent mourir dans les

forêts voisines, ou se précipitèrent dans le fleuve. La nuit mit fin

au massacre et à la poursuite. Au commencement de la déroute, un grand

corps de troupes baissa ses enseignes, et demanda quartier: les soldats

jetant leurs armes se tinrent prosternés à terre, comme pour attendre

leur sentence. L'empereur, doux et tranquille dans l'ardeur même de la

bataille, leur ordonna avec bonté de se relever et de se joindre à son

armée; et ses ennemis, devenus tout-à-coup ses soldats, partagèrent

avec leurs vainqueurs la joie de leur propre défaite. L'histoire ne

parle plus de Marcellinus, qui périt apparemment au milieu du carnage.

[Note latérale: LX.

Théodose poursuit Maxime.

Pacat. c. 37, 38, 40 et 41.

Ambr. ep. 40. t. 2, p. 946.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 305 / 388 题