Après le départ d'Andragathe, l'armée de Maxime se partagea en deux
corps, dont chacun surpassait en nombre les troupes de Théodose;
et ayant traversé les montagnes, elle entra dans les plaines de la
Pannonie. Pour enfermer l'ennemi, qui, ayant passé la Save, marchait
entre cette rivière et celle de la Drave, l'un des deux corps s'arrêta
près de Siscia, ville alors considérable, qui n'est plus qu'un bourg
nommé Siszek, sur le bord méridional de la Save. L'autre corps,
composé des troupes d'élite et commandé par Marcellinus, frère du
tyran, alla camper à Pétau [_Petavio_] sur la Drave. Théodose avançait
avec tant de diligence, qu'il arriva à la vue du camp de Siscia,
beaucoup plus tôt qu'on ne l'y attendait. Aussitôt profitant de la
surprise, sans donner à ses soldats le temps de se reposer, ni aux
ennemis celui de se reconnaître, il passe à la nage à la tête de sa
cavalerie, gagne les bords, tombe avec furie sur les troupes de Maxime,
qui accouraient en désordre pour disputer le passage. Elles sont
renversées, foulées aux pieds des chevaux, taillées en pièces. Ceux qui
échappent au premier massacre, veulent se sauver dans la ville; les uns
sont précipités dans les fossés; les autres, aveuglés par la terreur,
donnent dans les pieux armés de fer qui en défendent l'entrée; la
plupart s'écrasent mutuellement dans la foule ou périssent par le fer
ennemi; le reste fuit vers la Save. Là, tombant les uns sur les autres,
ils s'embarrassent et se noient. Bientôt le fleuve est comblé de
cadavres. Le général, qui n'est pas nommé dans l'histoire, fut englouti
dans les eaux.
[Note latérale: LIX.
Bataille de Pétau.
Pacat. c. 35, et 36.