Zos. l. 4, c. 46.]

Théodose faisait diligence; le 21 de juin il était à Scupes en

Dardanie, ville éloignée de trente-cinq lieues de Stobes. Son armée

marchait sur trois colonnes. Il n'avait pu établir de magasins dans

un pays dont Maxime venait de se rendre maître; mais la providence

divine lui aplanissant toutes les difficultés, les magasins du tyran

lui furent ouverts par les troupes mêmes qui avaient ordre de les

garder. Il ne lui restait qu'une inquiétude. Il semblait impossible

de forcer les Alpes Juliennes, défendues par Andragathe, capitaine

habile, vaillant, déterminé. Maxime eût été invincible, s'il se fût

tenu derrière cette chaîne de montagnes, dont il pouvait aisément

fermer tous les passages. Son aveuglement lui fit perdre cet avantage,

et leva cet obstacle aux succès de son ennemi. Le tyran se persuada que

Théodose faisait prendre à Valentinien et à Justine la route de la mer

pour débarquer en Italie. Sur une si faible conjecture, il rassembla

tout ce qu'il put de vaisseaux légers et en donna le commandement à

Andragathe, avec ordre de se saisir du jeune empereur et de sa mère. Ce

général ayant abandonné le poste important qu'il occupait, perdit son

temps à courir vainement les mers d'Italie et de la Sicile.

[Note latérale: LVIII.

Bataille de Siscia.

Pacat. c. 34.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 303 / 388 题