Théodose faisait diligence; le 21 de juin il était à Scupes en
Dardanie, ville éloignée de trente-cinq lieues de Stobes. Son armée
marchait sur trois colonnes. Il n'avait pu établir de magasins dans
un pays dont Maxime venait de se rendre maître; mais la providence
divine lui aplanissant toutes les difficultés, les magasins du tyran
lui furent ouverts par les troupes mêmes qui avaient ordre de les
garder. Il ne lui restait qu'une inquiétude. Il semblait impossible
de forcer les Alpes Juliennes, défendues par Andragathe, capitaine
habile, vaillant, déterminé. Maxime eût été invincible, s'il se fût
tenu derrière cette chaîne de montagnes, dont il pouvait aisément
fermer tous les passages. Son aveuglement lui fit perdre cet avantage,
et leva cet obstacle aux succès de son ennemi. Le tyran se persuada que
Théodose faisait prendre à Valentinien et à Justine la route de la mer
pour débarquer en Italie. Sur une si faible conjecture, il rassembla
tout ce qu'il put de vaisseaux légers et en donna le commandement à
Andragathe, avec ordre de se saisir du jeune empereur et de sa mère. Ce
général ayant abandonné le poste important qu'il occupait, perdit son
temps à courir vainement les mers d'Italie et de la Sicile.
[Note latérale: LVIII.
Bataille de Siscia.
Pacat. c. 34.