Zos. l. 4, c. 45 et l. 5, c. 8.]

L'empereur prenait toutes les mesures que la prudence lui inspirait

pour le succès d'une expédition si périlleuse. Afin de ne laisser

aucun sujet d'inquiétude, il renouvella les alliances avec les princes

voisins de ses états. Les provinces n'étant pas encore remises des

maux qu'elles avaient soufferts sous le règne malheureux de Valens,

il ne pouvait, sans les dépeupler entièrement, en tirer toutes les

troupes qu'il fallait opposer aux nombreuses armées de Maxime. Il

attira donc les barbares qui, en son absence, auraient pu insulter

la frontière. Les habitants du Caucase, du mont Taurus, des bords du

Danube et du Tanaïs, Goths, Huns, Alains, nations endurcies à toutes

les fatigues, vinrent en foule lui offrir leurs services. Il ne leur

manquait que la discipline: Théodose les y dressa en peu de temps sous

des capitaines expérimentés. Bientôt ces barbares apprirent à obéir

à l'ordre sans confusion et sans tumulte, à résister à l'attrait du

pillage, à épargner les vivres, et à souffrir patiemment la disette,

à préférer l'honneur au butin[650]. L'amour et l'admiration que les

vertus de Théodose leur inspirèrent, en firent des Romains. Il y

en eut cependant qui conservèrent leur ancienne férocité, et qui

abandonnèrent son armée, comme nous le verrons bientôt. Théodose se fit

accompagner dans cette expédition par quatre généraux, que leur valeur

et leur expérience militaire avaient déja rendus célèbres: Promotus,

renommé par la défaite des Gruthonges, avait le titre de général de

la cavalerie; Timasius, qui s'était distingué dès le temps de Valens,

commandait l'infanterie; Richomer et Arbogaste, Francs de naissance,

et pleins de cette bravoure impétueuse qui plaît surtout aux barbares,

eurent la plus grande part aux opérations de cette campagne. Ces

officiers formaient son conseil. Mais avant que de partir, il voulut

consulter Dieu même par l'organe d'un de ses plus saints serviteurs.

Jean, l'anachorète, vivait dans les déserts de la Thébaïde, près de

Lycopolis; il était fameux par ses miracles: Théodose lui écrivit pour

lui demander quel serait le succès de ses armes. Jean lui promit la

victoire; et ce prince ne forma depuis ce temps-là aucune entreprise

importante sans avoir consulté ce saint solitaire.

[Note 650: _O res digna memoratu! Ibat sub ducibus vexillisque

Romanis hostis aliquando Romanus, et signa contra quæ steterat

sequebatur, urbesque Pannoniæ, quas inimica dudum populatione

vacuaverat, miles impleverat, Gotthus ille, et Hunnus, et Alanus

respondebat ad nomen, et alternabat excubias, et notari infrequens

verebatur. Nullus tumultus, nulla confusio, nulla direptio, ut a

barbaro, erat._ Pacat. c. 32.--S.-M.]

[Note latérale: LIV.

Lois de Théodose.

Cod. Th. l. 3, tit. 7, leg. 2, l. 9, tit. 11, leg. unic. l. 16, tit 5,

leg. 14.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 299 / 388 题