Théodose avait pris le consulat pour la seconde fois, et s'était
donné pour collègue Cynégius, qui était depuis quatre ans revêtu de
la dignité de préfet du prétoire d'Orient. Ce sage magistrat avait
secondé avec zèle, mais sans éclat et sans violence, le dessein formé
par Théodose d'abolir l'idolâtrie. Il mourut à Constantinople dans le
mois de mars de cette année. Le peuple, dont il était chéri, assista
en foule à ses funérailles, et les honora de ses larmes. Son corps
fut déposé dans l'église des Saints-Apôtres, et, l'année suivante,
sa femme, Achantia, le fit transporter en Espagne, où il était né.
Théodose délibéra long-temps sur le choix d'un préfet du prétoire.
Cette place devenait plus importante par la nécessité où se trouvait
l'empereur de s'éloigner de l'Orient, pour aller combattre Maxime.
Son fils Arcadius, qu'il avait laissé à Constantinople, n'était pas
en âge de soutenir le poids des affaires. Enfin, il jetta les yeux
sur Tatianus[649], connu par sa capacité et par les charges qu'il
avait exercées sous Valens. C'était lui qui, en 367, étant préfet
d'Égypte, avait traité durement saint Athanase et les catholiques
d'Alexandrie. Le changement de prince avait sans doute changé la
religion du magistrat. Son fils Proculus fut fait en même temps préfet
de Constantinople.
[Note 649: Théodose le fit venir d'Aquilée, selon Zosime, l. 4. c.
45; ce qui pourrait faire croire qu'il avait été jusque-là au service
de Valentinien.--S.-M.]
[Note latérale: LIII.
Dispositions de Théodose.
Pacat. c. 32, et 33.
Ambr. ep. 40, t. 2, p. 946.
Aug. de civ. l. 5, c. 26, t. 7, p. 142.
Ruf. l. 12, c. 19, et 32.
Theod. l. 5, c. 24.
Philost. l. 10, c. 8.