L'hiver se passa en négociations infructueuses. Maxime envoya des
députés à Théodose, qui les retint long-temps à Thessalonique sans
leur donner ni audience ni congé. Ce prince profitait de cet
intervalle pour faire ses préparatifs. Cependant Maxime, qui avait
fixé sa résidence dans Aquilée, achevait de soumettre à sa puissance
les états de Valentinien. Rome ne fut pas la dernière à lui rendre
hommage. Les payens se déclarèrent pour lui avec empressement; ils
espéraient obtenir de lui le rétablissement du culte de leurs dieux.
Ce fut sans doute une si flatteuse espérance qui aveugla Symmaque. Cet
illustre sénateur, qui avait paru jusqu'alors un modèle de sagesse et
d'attachement à ses maîtres légitimes, se déshonora en cette occasion
par un discours qu'il prononça à la louange du tyran. La ville d'Émona,
aujourd'hui Laybach, dans la Carniole, soutint un long siége: on ne
sait si elle fut prise. Bologne se signala en faveur du nouveau prince;
elle lui érigea des monuments sur lesquels elle lui donnait, à lui et
à son fils Victor tous les titres que la flatterie avait inventés pour
les souverains. L'Afrique se soumit à ses lieutenants, et fut bientôt
épuisée par ses exactions. Avant la fin de l'hiver, tout l'Occident le
reconnaissait pour maître.
[Note latérale: LI.
Généraux et officiers de Maxime.
Ambr. ep. 40, t. 2, p. 953.
Oros. l. 7, c. 35.