Amm. Marc. l. 27, c. 6.]

La terreur de son nom s'était répandue jusqu'au-delà du Rhin et du

Danube; plusieurs nations de la Germanie lui payaient tribut. En effet

ses forces étaient redoutables: le nombre et le courage de ses troupes

semblaient lui promettre la conquête de l'Orient. A la tête de son

armée étaient son frère Marcellinus et Andragathe, tous deux aussi

méchants que lui, mais plus braves et plus intrépides. Andragathe,

pour fermer à Théodose l'entrée de l'Italie, s'occupa pendant l'hiver

à fortifier les Alpes Juliennes et les passages des rivières. Maxime

ayant choisi Aquilée pour sa résidence, gouvernait de là tout

l'Occident. Résolu de ne pas hasarder sa personne, il s'attendait

à voir bientôt à ses pieds Théodose chargé de fers. Il avait établi

pour préfet de Rome, Rusticus Julianus, que ses partisans avaient

onze ans auparavant songé à élever à l'empire pendant une maladie de

Valentinien. C'était un homme cruel et sanguinaire; mais incertain du

succès de la guerre, il se ménagea une ressource auprès de Théodose,

en se conduisant avec une douceur et une humanité qui ne lui étaient

pas naturelles. Le peuple de Rome ayant brûlé la synagogue des Juifs,

Rusticus attendit à ce sujet les ordres de Maxime. Celui-ci envoya des

soldats pour contenir le peuple et rétablir la synagogue. La protection

qu'il accordait à cette nation odieuse, acheva de lui faire perdre

l'affection des chrétiens, dont tous les vœux se réunissaient en faveur

de son ennemi[648].

[Note 648: Le peuple disait qu'il ne pouvait rien lui arriver de

bon, puisqu'il s'était fait juif. _Maximus destitutus est_, dit S.

Ambroise, en écrivant à Théodose, ep. 41, t. 2, p. 953, _qui ante ipsos

expeditionis dies, cum audisset Romæ synagogam incensam, edictum Romam

miserat, quasi vindex disciplinæ publicæ? Unde populus christianus ait:

Nihil boni huic imminet. Rex iste Judæus factus est._--S.-M.]

[Note latérale: AN 388.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 296 / 388 题