Au sortir du conseil, Théodose tira Valentinien à l'écart, et l'ayant
tendrement embrassé: «Mon fils, lui dit-il, ce n'est pas la multitude
des soldats, c'est la protection divine qui donne les succès dans la
guerre. Lisez nos histoires depuis Constantin: vous y verrez souvent
le nombre et la force du côté des infidèles, et la victoire du côté
des princes religieux. C'est ainsi que ce pieux empereur a terrassé
Licinius, et que votre père s'est rendu invincible. Valens votre oncle
attaquait Dieu; il avait proscrit les évêques orthodoxes; il avait
versé le sang des saints. Dieu a rassemblé contre lui une nuée de
barbares; il a choisi les Goths pour exécuteurs de ses vengeances;
Valens a péri dans les flammes. Votre ennemi a sur vous l'avantage de
suivre la vraie doctrine: c'est votre infidélité qui le rend heureux.
Si nous abandonnons le fils de Dieu, quel chef, malheureux déserteurs,
quel défenseur aurons-nous dans les batailles?» Dieu parlait au cœur
de Valentinien en même temps que la voix de Théodose frappait ses
oreilles. Fondant en larmes, le jeune prince abjura son erreur, et
protesta qu'il serait toute sa vie inviolablement attaché à la foi de
son père et de son bienfaiteur. Théodose le consola; il lui promit le
secours du ciel et celui de ses armes. Valentinien fut fidèle à sa
parole; il rompit, dès ce moment, tous les engagements qu'il avait
contractés avec les Ariens; il embrassa sincèrement la foi de l'Église;
et sa mère Justine, qui mourut l'année suivante, toujours obstinée dans
son erreur, n'osa même entreprendre d'effacer les heureuses impressions
des paroles de Théodose.
[Note latérale: L.
Succès de Maxime.
Ambr. ep. 40, t. 2, p. 946.
Pacat. c. 37. 38.
Symm. l. 2, ep. 31.
Socr. l. 5, c. 12.