Valentinien surpris de cette irruption imprévue, se sauva en diligence
à Aquilée. Bientôt ne s'y croyant pas en sûreté, et n'attendant pas
un meilleur sort que celui de Gratien, s'il tombait entre les mains
de l'usurpateur, il s'embarqua avec sa mère, et gagna Thessalonique,
pour y trouver un asyle sous la protection de Théodose. Probus, que
ses grandes richesses exposaient à un grand danger, accompagna le
jeune empereur dans sa fuite. Dès qu'ils furent arrivés dans cette
capitale de l'Illyrie, ils firent savoir à Théodose, qui était alors à
Constantinople, l'extrémité à laquelle ils étaient réduits. Ce prince
écrivit aussitôt à Valentinien, _qu'il ne devait s'étonner ni de ses
malheurs, ni des succès de Maxime: que le souverain légitime combattait
la vérité, et que le tyran faisait gloire de la soutenir; que Dieu
se déclarait contre l'ennemi de son église_. En même temps il partit
de Constantinople, accompagné de plusieurs sénateurs. Lorsqu'il fut
à Thessalonique, il tint conseil sur le parti qu'il devait prendre.
Tous les avis allaient à tirer de Maxime une prompte vengeance:
_Qu'il ne fallait pas laisser vivre plus long-temps un meurtrier, un
usurpateur qui, accumulant crime sur crime, venait d'enfreindre des
traités solennels_. Théodose était plus touché que personne du sort
déplorable des deux empereurs, l'un cruellement massacré, l'autre
chassé de ses états; il était bien résolu de venger son bienfaiteur
et son beau-frère. Mais comme l'hiver approchait, et que la saison
ne permettait pas de commencer la guerre, il crut qu'au lieu de la
déclarer avec une précipitation inutile, il était plus à propos
d'amuser Maxime par des espérances d'accommodement. Il fut donc d'avis
de lui proposer de rendre à Valentinien ce qu'il avait de nouveau
usurpé, et de s'en tenir au traité de partage, le menaçant de la guerre
la plus sanglante, s'il refusait des conditions si raisonnables.
[Note latérale: XLIX.
Théodose ramène Valentinien à la croyance orthodoxe.
Suidas in Ὀυαλεντινιανός.