Till. vie de S. Ambr. art. 51.]

Pour écarter l'orage dont l'Italie était menacée, Justine s'adressa

encore une fois à saint Ambroise. Elle l'avait employé quatre ans

auparavant à négocier un accommodement avec Maxime; et quoiqu'elle

n'eût payé ce service que de traitements injurieux, elle comptait assez

sur sa générosité pour lui confier de nouveau ses plus grands intérêts;

d'ailleurs c'était fermer la bouche au tyran, qui se couvrait du

prétexte de la religion, que de lui opposer le prélat qui en était le

plus ardent défenseur. Ambroise accepta cette commission difficile; il

s'empressa de montrer à Justine et à toute la terre, que la persécution

ne relâche pas les nœuds sacrés qui attachent les vrais chrétiens à

leur prince: et ne croyant pas qu'il lui fût permis de vendre à son

souverain les services qu'il lui devait, il regarda comme une bassesse

de profiter du besoin qu'on avait de sa personne, pour exiger aucune

condition, même en faveur de l'église catholique. Il partit après

Pâques pour se rendre à Trèves auprès de Maxime. Il avait ordre de

sonder les dispositions du tyran, de renouveller avec lui le traité de

paix, et de lui demander les cendres de Gratien, pour leur donner une

sépulture honorable.

[Note latérale: XLVI.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 291 / 388 题