L'état de l'Occident donnait alors à Théodose de grandes inquiétudes.
Maxime se préparait à la guerre, et faisait des levées d'hommes et
d'argent. Ses exactions désolaient la Gaule; il épuisait les provinces;
et renonçant à cette feinte douceur qu'il avait jusqu'alors affectée,
il s'enrichissait par les exils et les proscriptions. Lorsqu'il eut
rempli ses trésors, déguisant son ambition sous le masque d'un zèle
hypocrite, il signifia à Valentinien que, s'il n'abandonnait la
protection des Ariens, pour favoriser la foi catholique que son père
avait professée, il allait l'y contraindre par la force des armes.
Cette déclaration alarma Justine et toute la cour. On sentait aisément
que la religion n'entrait pour rien dans les vues de Maxime, et que son
unique dessein était d'usurper ce qui restait à Valentinien. Plusieurs
des principaux officiers craignant que Maxime ne les demandât pour les
faire mourir, et que le jeune prince n'eût la faiblesse de les livrer
au tyran, se retirèrent auprès de Théodose.
[Note latérale: XLV.
On lui députe saint Ambroise.
Amb. ep. 24, t. 2, p. 888-892.
Idem, de obitu Valent. p. 1173.
Paulin, vit. Ambros. § 19.
Hermant, vie de S. Ambr. l. 5, c. 3, 4.