Liban. or. 13, t. 2, p. 408; 21, p. 535.]

A ces mots, il s'élève un cri général. Tous se dispersent pour aller

porter cette heureuse nouvelle à leurs femmes et à leurs enfants. La

veille on accusait de lenteur et Flavien et Césarius; aujourd'hui

on s'étonne qu'une affaire si importante, si difficile, ait été si

promptement terminée. On ouvre les bains publics; on orne les rues

et les places de festons et de guirlandes; on y dresse des tables;

Antioche entière n'est plus qu'une salle de festin. La nuit suivante

égale la lumière des plus beaux jours; la ville est éclairée de

flambeaux; on bénit l'Être souverain qui tient en sa main le cœur

des princes; on célèbre la clémence de l'empereur; on comble de

louanges Flavien, Hellébichus et Césarius. Hellébichus prend part à

la réjouissance publique; il se mêle dans les jeux, dans les festins.

Les jours suivants on lui dressa des statues ainsi qu'à Césarius, et

lorsqu'il fut ensuite rappelé par l'empereur, il fut conduit hors de

la ville avec les vœux et les acclamations de tout le peuple. Flavien

reçut à son arrivée des témoignages de reconnaissance encore plus

précieux et plus dignes d'un évêque; il fut honoré comme un ange de

paix, et toutes les églises retentirent d'actions de graces. Il eut

même la consolation de retrouver encore sa sœur, à qui Dieu avait

prolongé la vie jusqu'à son retour, et de recevoir ses derniers

soupirs. Plusieurs villes s'étaient intéressées en faveur d'Antioche:

le sénat et le peuple de Constantinople avaient joint leurs instances

à celles de Césarius et de Flavien. Séleucie, située sur la mer, à

quarante stades de l'embouchure de l'Oronte, avait aussi envoyé une

députation à l'empereur. Cette ville célèbre, autrefois appelée _la

sœur d'Antioche_, avait beaucoup perdu de son ancien lustre. Antioche

après en avoir été long-temps jalouse, affectait alors de la mépriser;

et ses habitants enivrés d'un insolent orgueil au milieu même de leurs

désastres, disaient hautement qu'ils aimaient mieux voir périr leur

patrie, que de devoir son salut à de pareils intercesseurs. Il paraît

que les habitants d'Antioche ayant obtenu leur pardon, osèrent demander

à Théodose la permission de donner à leur ville le nom d'Arcadius; mais

on ne voit pas que ce prince ait eu égard à leur demande. Ainsi se

terminèrent les suites d'une sédition que la politique se serait cru

obligée de châtier à la rigueur, pour donner un exemple terrible. Celui

qui veille en même temps à la sûreté et à la gloire des monarques qui

le servent, ne voulut armer contre les coupables que le bras de leurs

propres magistrats; il ne laissa au prince que l'honneur de pardonner.

[Note latérale: XLIV.

Maxime se prépare à la guerre.

Ruf. l. 12. c. 16.

Pacat. paneg. c. 25, 26, 27, 28.

Theod. l. 5, c. 14.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 289 / 388 题