Liban. or. 13. t. 2, p. 418. 20, p. 522, 21, p. 535.]

Depuis que Césarius était parti d'Antioche, les esprits flottaient

entre l'espérance et la crainte. Les prisonniers surtout recevaient

sans cesse des alarmes par les bruits publics qui se répandaient, _que

l'empereur était inflexible; qu'il persistait dans la résolution de

ruiner la ville_. Leurs parents et leurs amis gémissant avec eux, leur

disaient tous les jours le dernier adieu, et l'éloquente charité de

saint Jean Chrysostôme pouvait à peine les rassurer. Enfin, la lettre

de Théodose arriva pendant la nuit et fut rendue à Hellébichus. Cet

officier généreux sentit le premier toute la joie qu'il allait répandre

dans Antioche. Il attendit le jour avec impatience; et dès le matin il

se transporta au prétoire. L'allégresse peinte sur son visage annonçait

le salut; il fut bientôt environné d'une foule de peuple qui poussait

des cris de joie; et ce lieu arrosé de tant de larmes quelques jours

auparavant, retentissait d'acclamations et d'éloges. Tous ceux que la

crainte avait jusqu'alors tenus cachés, accouraient avec transport:

tous s'efforçaient d'approcher d'Hellébichus. Ayant imposé silence,

il fit lui-même la lecture de la lettre; elle contenait des reproches

tendres et paternels: Théodose y paraissait plus touché des insultes

faites à Flaccilla et à son père, que de celles qui tombaient sur

lui-même. Il y censurait cet esprit de révolte et de mutinerie qui

semblait faire le caractère du peuple d'Antioche; mais il ajoutait

qu'il était encore plus naturel à Théodose de pardonner. Il témoignait

être affligé que les magistrats eussent ôté la vie à quelques

coupables, et finissait par révoquer tous les ordres qu'il avait donnés

pour la punition de la ville et des habitants.

[Note latérale: XLIII.

Joie de toute la ville.

Chrysost. Hom. 21, c. 4, t. 2, p. 222.

Idem in ep. ad Coloss. Hom. 7, c. 3, t. 11, p. 374.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 288 / 388 题