Soz. l. 7, c. 23.]

Pendant le discours de Flavien, l'empereur avait fait effort sur

lui-même pour resserrer sa douleur. Enfin, ne pouvant plus retenir

ses larmes: _Pourrions-nous_, dit-il, _refuser le pardon à des hommes

semblables à nous, après que le maître du monde s'étant réduit pour

nous à la condition d'esclave, a bien voulu demander grace à son père

pour les auteurs de son supplice qu'il avait comblés de ses bienfaits!_

Flavien, touché de la plus vive reconnaissance, demandait à l'empereur

la permission de demeurer à Constantinople, pour célébrer avec lui la

fête de Pâques: _Allez, mon père_, lui dit Théodose; _hâtez-vous de

vous montrer à votre peuple, rendez le calme à la ville d'Antioche;

elle ne sera parfaitement rassurée après une si violente tempête, que

lorsqu'elle reverra son pilote_. L'évêque le suppliait d'envoyer son

fils Arcadius: le prince, pour lui témoigner que s'il lui refusait

cette grace, ce n'était par aucune impression de ressentiment, lui

répondit: _Priez Dieu qu'il me délivre des guerres dont je suis menacé,

et vous me verrez bientôt moi-même_. Lorsque le prélat eut passé le

détroit, Théodose lui envoya encore des officiers de sa cour pour le

presser de se rendre à son troupeau avant la fête de Pâques. Quoique

Flavien usât de toute la diligence dont il était capable, cependant

pour ne pas dérober à son peuple quelques moments de joie, il se fit

devancer par des courriers, qui portèrent la lettre de l'empereur avec

une promptitude incroyable.

[Note latérale: XLII.

Le pardon est annoncé aux habitants d'Antioche.

Chrysost. Hom. 21, c. 1, et 4, t. 2, p. 213 et 222.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 287 / 388 题