Chrysost. hom. 21, c. 2, t. 2, p. 215.]

Il y avait déja sept ou huit jours que Flavien était arrivé à

Constantinople. Mais soit qu'il crût l'empereur encore trop irrité,

soit que ce prince l'évitât à dessein, il ne s'était point jusqu'alors

présenté à Théodose. Plongé dans la douleur la plus amère, il ne

s'occupait que des maux de son peuple; son absence les lui rendait plus

sensibles, parce qu'il ne pouvait les soulager; ses entrailles étaient

déchirées; il passait les jours et les nuits à verser des larmes devant

Dieu, le priant d'amollir le cœur du prince. L'arrivée de Césarius lui

rendit le courage; il alla au palais; et ce fut peut-être Césarius même

qui lui procura une audience, afin d'appuyer ses prières de celles de

ce saint évêque. Dès que Flavien parut devant l'empereur, il se tint

éloigné, dans un morne silence, le visage baissé vers la terre, comme

s'il eût été chargé de tous les crimes de ses compatriotes. Théodose

le voyant confus et interdit, s'approcha lui-même, et levant à peine

les yeux, le cœur serré de douleur, au lieu de s'abandonner aux éclats

d'un juste courroux, il semblait faire une apologie. Rappelant en

peu de mots tout ce qu'il avait fait pour Antioche, il ajoutait à

chaque trait: _C'est donc ainsi que j'ai mérité tant d'outrages_.

Enfin, après le récit des bienfaits dont il avait comblé cette ville

ingrate: «Quelle est donc l'injustice dont ils ont prétendu se venger?

continua-t-il: pourquoi, non contents de m'insulter, ont-ils porté leur

fureur jusque sur les morts? Si j'étais coupable à leur égard, pourquoi

outrager ceux qui ne sont plus et qui ne les ont jamais offensés?

N'ai-je pas donné à leur ville des marques de préférence sur toutes les

autres de l'empire? Je désirais ardemment de la voir; j'en parlais sans

cesse; j'attendais avec impatience le moment où je pourrais en personne

recevoir les témoignages de leur affection, et leur en donner de ma

tendresse».

[Note latérale: XL.

Discours de Flavien.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 285 / 388 题