Soz. l. 7, c. 23.]

Césarius était parti dès le soir même. Une foule de peuple et surtout

les femmes, remplissaient le chemin sur son passage jusqu'à la distance

de près de deux lieues. Mais ce sage officier voulant éviter l'éclat

des acclamations populaires, attendit que la nuit eût obligé cette

multitude de se retirer. Afin de faire plus de diligence, il n'avait

pris avec lui que deux domestiques; et le soir du lendemain, il était

déja sur les frontières de la Cappadoce. Il ne s'arrêta dans sa route

que pour changer de relais, et ne sortit de son chariot ni pour dormir

ni pour prendre sa nourriture; il volait avec plus d'empressement que

s'il se fût agi de sa propre vie. Quoiqu'il y eût plus de trois cents

lieues d'Antioche à Constantinople, il arriva dans cette dernière ville

le sixième jour après midi. Comme il était sans suite, il y entra

sans être connu, et se fit sur-le-champ annoncer à l'empereur. Il lui

présenta le procès-verbal qui contenait le détail de la sédition et

de ses suites. Il n'y avait pas oublié la requête des moines et la

remontrance de Macédonius. Il en fit la lecture par ordre du prince.

Aussitôt, se jetant à ses pieds, il lui représenta le désespoir des

habitants, les châtiments rigoureux qu'ils avaient déja éprouvés, la

gloire qui lui reviendrait de la clémence. Théodose versa des larmes;

son cœur commençait à s'attendrir; mais la colère combattait encore ces

premiers mouvements de compassion.

[Note latérale: XXXIX.

Flavien se présente à Théodose.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 284 / 388 题