Césarius était parti dès le soir même. Une foule de peuple et surtout
les femmes, remplissaient le chemin sur son passage jusqu'à la distance
de près de deux lieues. Mais ce sage officier voulant éviter l'éclat
des acclamations populaires, attendit que la nuit eût obligé cette
multitude de se retirer. Afin de faire plus de diligence, il n'avait
pris avec lui que deux domestiques; et le soir du lendemain, il était
déja sur les frontières de la Cappadoce. Il ne s'arrêta dans sa route
que pour changer de relais, et ne sortit de son chariot ni pour dormir
ni pour prendre sa nourriture; il volait avec plus d'empressement que
s'il se fût agi de sa propre vie. Quoiqu'il y eût plus de trois cents
lieues d'Antioche à Constantinople, il arriva dans cette dernière ville
le sixième jour après midi. Comme il était sans suite, il y entra
sans être connu, et se fit sur-le-champ annoncer à l'empereur. Il lui
présenta le procès-verbal qui contenait le détail de la sédition et
de ses suites. Il n'y avait pas oublié la requête des moines et la
remontrance de Macédonius. Il en fit la lecture par ordre du prince.
Aussitôt, se jetant à ses pieds, il lui représenta le désespoir des
habitants, les châtiments rigoureux qu'ils avaient déja éprouvés, la
gloire qui lui reviendrait de la clémence. Théodose versa des larmes;
son cœur commençait à s'attendrir; mais la colère combattait encore ces
premiers mouvements de compassion.
[Note latérale: XXXIX.
Flavien se présente à Théodose.