Liban. or. 21, t. 2, p. 533.]

Les deux commissaires convinrent qu'Hellébichus demeurerait dans la

ville, et que Césarius irait à Constantinople. Ils firent transférer

les criminels dans une prison plus commode. C'était un vaste édifice,

orné de portiques et de jardins, où, sans les délivrer de leurs

chaînes, on leur permit de recevoir toutes les consolations de la

vie. Cette nouvelle fit renaître l'espérance, dont les effets se

diversifiaient selon la différence des caractères. Les citoyens

sensés bénissaient Dieu et lui rendaient des actions de grâces; ils

se flattaient que l'empereur, en considération de la fête de Pâques

qui approchait, pardonnerait les offenses qu'il avait reçues. Mais

une jeunesse dissolue, dont cette ville voluptueuse était remplie,

s'abandonnait déja aux excès d'une joie extravagante; elle avait en

un moment oublié tous ses malheurs. Dès le lendemain du départ de

Césarius, pendant que les principaux d'Antioche étaient dans les fers,

et le pardon encore incertain, les bains publics étant fermés, une

troupe de jeunes libertins coururent au fleuve, sautant, dansant,

chantant des chansons lascives, et entraînant avec eux les femmes

qu'ils rencontraient. Ces désordres n'échappèrent pas aux sévères

réprimandes de saint Jean Chrysostôme: pour les tirer de cette folle

sécurité, il fit de nouveau gronder sur leurs têtes le tonnerre de la

vengeance divine et les menaces de celle du prince.

[Note latérale: XXXVIII.

Césarius va trouver l'empereur.

Liban. or. 20, t. 2, p. 519-521.

Theod. l. 5, c. 20.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 283 / 388 题