Quoique Flavien fît une extrême diligence, il ne put atteindre les
courriers. Ils arrivèrent avant lui, et leur rapport excita dans
Théodose cette violente colère dont les premiers accès étaient toujours
prompts et terribles. Il était moins irrité du renversement de ses
propres statues, que des outrages faits à celles de Flaccilla et de
son père. L'ingratitude d'Antioche redoublait encore son courroux: il
avait distingué cette ville entre toutes celles de l'empire par des
marques de sa bienveillance; il y avait ajouté de superbes édifices.
On venait d'achever par ses ordres un nouveau palais dans le faubourg
de Daphné, et il avait promis de venir incessamment honorer Antioche
de sa présence. Son premier mouvement fut de détruire la ville et
d'ensevelir les habitants sous ses ruines. Étant revenu de cet accès
d'emportement, il choisit le général Hellébichus, et Césarius maître
des offices pour l'exécution d'une vengeance plus conforme aux règles
de la justice. Comme il ignorait encore la punition des principaux
auteurs du désordre, il chargea ces commissaires d'informer contre
les coupables, avec pouvoir de vie et de mort. Il leur donna ordre
de fermer le théâtre, le cirque et les bains publics; d'ôter à la
ville son territoire, ses priviléges et la qualité de métropole;
de la réduire, comme avait autrefois fait l'empereur Sévère, à la
condition d'un simple bourg soumis à Laodicée, son ancienne rivale, qui
deviendrait par ce changement métropole de la Syrie; de retrancher aux
pauvres la distribution de pain, qui était établie dans Antioche comme
dans Rome et dans Constantinople.
[Note latérale: XXXI.
Arrivée des commissaires.
Chrysost. Hom. 12, c. 1, hom. 16, c. 1, hom. 17, c. 1, hom. 18, c. 4,
hom. 21, c. 2.