Liban. or. 12, t. 2, p. 403; 21. p. 530.]

Cependant les magistrats étaient assis sur le tribunal, et faisaient

comparaître ceux qu'on avait arrêtés à la fin de la sédition et la

nuit suivante. Ils déployaient toute l'horreur des supplices. On

pouvait leur reprocher de n'avoir rien fait pour empêcher le crime:

cette crainte les rendait plus implacables; ils croyaient faire leur

apologie en punissant avec rigueur. Les fouets armés de plomb, les

chevalets, les torches ardentes, toutes les tortures redoutables à

l'innocence même étaient mises en œuvre pour arracher l'aveu du crime

et des complices. Tout ce qui restait de citoyens dans la ville était

assemblé aux portes du prétoire, dont les soldats gardaient l'entrée.

Là, plongés dans un morne silence, se regardant les uns les autres avec

une défiance mutuelle, les yeux et les bras levés vers le ciel, ils

le conjuraient avec larmes d'avoir pitié des accusés, et d'inspirer

aux juges des sentiments de clémence. La voix des bourreaux, le bruit

des coups, les menaces des magistrats les glacent d'effroi; ils

prêtent l'oreille à toutes les interrogations; à chaque coup, à chaque

gémissement qu'ils entendent, ils tremblent pour leurs parents, pour

eux-mêmes; ils craignent d'être nommés entre les complices; mais rien

n'égale la douleur des femmes: enveloppées de leurs voiles, se roulant

à terre, et se traînant aux pieds des soldats, elles les supplient en

vain de leur permettre l'entrée; elles conjurent les moindres officiers

qui passent devant elles, de compatir au malheur de leurs proches,

et de leur prêter quelque secours: entendant les cris douloureux de

leurs pères, de leurs fils, de leurs maris, elles y répondent par des

cris lamentables; elles ressentent au fond de leurs cœurs tous les

coups dont ils sont frappés; et les dehors du prétoire présentent un

spectacle aussi déplorable que les rigueurs qu'on exerce au-dedans.

[Note latérale: XXVI.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 272 / 388 题