La nuit se passe dans de mortelles inquiétudes: elle ne présente à
leur esprit que des gibets, des feux, des échafauds. La plupart se
déterminent à quitter leur patrie, qui ne leur paraît plus qu'un vaste
sépulcre. Les riches cachent et enfouissent leurs richesses. Chacun
se tient heureux de sauver sa vie. Dès le point du jour, les rues sont
remplies d'hommes, de femmes, d'enfants, de vieillards qui fuient
la colère du prince comme un incendie. Les magistrats, incertains
du sort de la ville, n'osent les retenir; à peine peuvent-ils à
force de menaces, arrêter les sénateurs qui se préparaient eux-mêmes
à déserter Antioche. Les autres sortent en foule et se dispersent
sur les montagnes et dans les forêts. Plusieurs sont massacrés
par les brigands, qui profitent de cette alarme pour infester les
campagnes voisines; et l'Oronte rapporte tous les jours dans la ville
quelques-uns des cadavres de ces malheureux fugitifs.
[Note latérale: XXV.
Interrogatoires.
Chrysost. H. 3, c. 6, 7; hom. 5, c. 3; hom. 6, c. 5; hom. 8, c. 4; h.
13, c. 1, 2.