Mais ce calme n'avait rien que de sombre et de lugubre. Après cet accès
de frénésie, les habitants abattus, consternés, ne se reconnaissaient
qu'avec horreur. La honte, les remords, la crainte tenaient tous
les cœurs accablés. La vue des courriers qui partent pour informer
l'empereur, leur annonce déja leur condamnation. Les innocents et les
coupables attendent également la mort; mais personne ne veut être
coupable; ils s'accusent les uns les autres. Les païens, qui n'étaient
pas plus criminels que les chrétiens, tremblent qu'on ne leur impute
tout le désordre. Tous renfermés avec leurs familles qui fondent en
larmes, déplorent le sort de leurs femmes et de leurs enfants; ils
se pleurent eux-mêmes. Partout règne une affreuse solitude. On voit
seulement errer çà et là dans les places et dans les rues des troupes
d'archers, traînant aux prisons des malheureux qu'ils ont arrachés de
leurs maisons.
[Note latérale: XXIV.
Ils prennent la fuite.
Chrysost. Hom. 2, c. 1, 2, et 5. H. 3, c. 1, 5, 6. H. 5, c. 5, 6. H.
13, c. 1.