Soz. l. 7, c. 23.]

On remarqua que les femmes de la plus vile populace, qui ont coutume

de signaler leur rage dans ces émeutes soudaines, ne prirent aucune

part à celle-ci. L'agitation qui subsistait encore dans les esprits

après tant de secousses violentes, fit, comme il arrive souvent,

imaginer des fantômes et des prodiges bizarres. On ne pouvait croire

que ce désordre n'eût pas été produit par une puissance surnaturelle.

Le bruit courut que dans le fort du tumulte, on avait vu un vieillard

d'une taille gigantesque, monté sur un puissant cheval; et que s'étant

changé d'abord en jeune homme, ensuite en enfant, il avait disparu. On

disait encore que la nuit d'auparavant, on avait aperçu au-dessus de la

ville une femme horrible à voir et d'une grandeur effrayante; que ce

spectre avait passé sur toutes les rues en frappant l'air d'un fouet

avec un bruit affreux. Ce n'était rien moins dans l'idée du peuple

qu'un monstre infernal qui excitait les esprits à la fureur, de la même

manière que les valets de l'amphithéâtre animaient à grands coups de

fouet la rage des bêtes féroces dans les spectacles. Selon saint Jean

Chrysostôme, il n'était pas besoin que le démon courût dans l'air;

c'était assez qu'il entrât dans leur cœurs et qu'il y soufflât le feu

de la révolte. Elle avait commencé au point du jour; à midi le calme

était rétabli dans la ville.

[Note latérale: XXIII.

Crainte des habitants.

Chrysost. Hom. 3, c. 6, t. 2, p. 44; h. 6, c. 2, p. 75.

Liban. or. 12, t. 2, p.398, 13, p. 407; 20, p. 516; 21, p. 527.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 269 / 388 题