Liban. or. 12, t. 2, p. 396; 13, p. 408; 21, p. 527.]

Ce dernier excès d'insolence effraya les coupables eux-mêmes. La vue

des images d'un empereur si respectable, brisées et mises en pièces

les frappa d'horreur, comme s'ils eussent vu les membres du prince

même épars et déchirés. Pâles et tremblants, la plupart s'enfuient

et se renferment. La sédition se ralentissait; mais elle n'était pas

encore apaisée. Une troupe des plus opiniâtres s'assemble autour de

la maison d'un des principaux sénateurs qui, se tenant renfermé chez

lui, paraissait condamner la révolte. Ils y mettent le feu. Pendant

l'emportement du peuple, les plus sages citoyens n'avaient osé

s'exposer: les magistrats, cachés dans leurs maisons, ne songeaient

qu'à conserver leur vie. Ne pouvant se concerter ensemble, ni prendre

aucune mesure, ils en étaient réduits à faire des vœux au ciel.

Quantité de voix appelaient en vain le gouverneur. Quoique ce fût un

officier vaillant et qui s'était signalé dans la guerre, cependant il

n'osa se montrer jusqu'au moment où il apprit que la plus grande fougue

du peuple était passée, et que la maison du sénateur n'était attaquée

que par une poignée de misérables. Il s'y transporta à la tête de sa

garde. Il n'en coûta que deux coups de flèches pour dissiper ce reste

de séditieux. Le comte d'Orient qui commandait les troupes, et qui

n'avait pas montré plus de hardiesse, vint alors se joindre à lui. On

les blâma tous deux dans la suite, de n'avoir pas affronté le péril

pour défendre les statues de l'empereur, et pour épargner à la ville

un si criminel attentat. Leurs soldats poursuivirent les mutins qui

fuyaient devant eux. On en prit un grand nombre qui furent aussitôt

enfermés dans les prisons.

[Note latérale: XXII.

Prodiges fabuleux.

Liban. or. 12. t. 2, p. 396.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 268 / 388 题