Tout ce qu'il y avait d'étrangers, de misérables, d'esclaves, grossit
la foule des séditieux. Ce mélange confus ne connaît plus ni prince, ni
magistrats, ni patrie. A la vue des portraits de l'empereur, qui était
peint en plusieurs endroits de la ville, la rage s'allume; on l'insulte
de paroles et à coups de pierres; et comme s'il respirait encore plus
sensiblement dans les ouvrages de bronze, on va attaquer ses statues:
on n'épargne pas celles de Flaccilla, d'Arcadius, d'Honorius, ni la
statue équestre de Théodose le père. On attache des cordes à leur col;
chacun s'empresse de prêter son bras à ce ministère de fureur: on
les arrache de leur base; on les brise en morceaux en les chargeant
d'opprobres et d'imprécations; on en abandonne les débris aux enfants
qui les traînent par les rues de la ville.
[Note latérale: XXI.
Fin de la sédition.