Le gouverneur fait de vains efforts pour les apaiser. Ils sortent
de la salle et courent comme des forcenés sous le portique; là,
redoublant leurs cris en se dépouillant de leurs robes, ils appellent
les citoyens; ils leur exagèrent le sujet de leur alarme. On accourt de
toutes parts; bientôt un peuple innombrable les environne: la fureur
se communique plus promptement que leurs paroles; la plupart ignorent
encore la cause du tumulte et frémissent déja de colère. Tout-à-coup
sans aucun commandement il se fait un grand silence; cette immense
populace demeure calme et immobile, ainsi que la mer aux approches
d'un violent orage; et un moment après, poussant des cris furieux,
et se divisant en plusieurs troupes comme en autant de vagues, les
uns se jettent dans les thermes voisins; ils renversent, ils brisent,
ils détruisent et les vases et les ornements; d'autres courent à la
maison de l'évêque Flavien, et ne l'ayant pas trouvé, ils reviennent
à la salle du conseil, d'où le gouverneur n'avait encore osé sortir:
ils tâchent d'en enfoncer les portes, et menacent de le massacrer,
ce qui n'était pas sans exemple à Antioche. N'ayant pu réussir, ils
se dispersent en criant: _Tout est perdu: la ville est abymée; une
imposition cruelle a détruit Antioche_.
[Note latérale: XX.
On abat les statues de la famille impériale.
Chrysost. hom. 2, c. 3; hom. 3, c. 1; hom. 5, c. 3; hom. 6, c. 1; hom.
17, c. 2.
Liban. de vita, t. 2, p. 75, et or. 12, p. 395; 13, p. 407; 20, p. 516;
21, p. 527.
Zos. l. 4, c. 41.
Theod. l. 5, c. 19.