Liban. or. 12, t. 2, p. 394, 13, p. 406, 21, p. 526.]

Les ordres du prince ne trouvèrent aucune résistance dans le reste de

la Syrie; mais ils soulevèrent Antioche. Cette ville était, par sa

grandeur, par son opulence, par la beauté de sa situation et de ses

édifices, considérée comme la capitale de l'Orient; divisée en quatre

quartiers entourés de murailles, et qui formaient presque autant de

villes, elle renfermait deux cent mille habitants[638], partagés en

dix-huit tribus. A ce peuple nombreux, se joignaient une infinité

d'étrangers, qui s'y rendaient sans cesse de toutes les contrées

de l'univers. Tant d'humeurs diverses étaient une matière toujours

préparée aux plus violentes agitations. On parlait depuis quelques

jours de la nouvelle imposition: ce n'était qu'un bruit sourd qui

trouvait peu de croyance, mais qui mettait déja les esprits dans cet

état d'incertitude où ils deviennent plus faciles à émouvoir. Les

ordres de l'empereur étant arrivés pendant la nuit du 26 de février,

le gouverneur assembla de grand matin le conseil. La lecture des

lettres n'était pas achevée, _que les assistants s'abandonnèrent à la

douleur: ils s'écrient que la somme est exhorbitante, qu'on peut leur

briser les os par les tortures, leur tirer tout le sang des veines;

mais qu'en vendant et leurs biens et leurs personnes, on ne pourra

trouver de quoi satisfaire à cette exaction cruelle_. Les murmures,

les gémissements, les cris, les marques du dernier désespoir troublent

toute l'assemblée. Plusieurs élèvent la voix pour adresser à Dieu des

prières plus séditieuses encore que les murmures.

[Note 638: C'est S. Jean Chrysostôme qui donne cette évaluation de

la population d'Antioche de son temps. Δῆμον εἰς εἴκοσι ἐκτεινόμενον

μυριάδας, κ. τ. λ. S. Chrys. _in Ignat._ c. 4, t. 2. p. 597.--S.-M.]

[Note latérale: XIX.

Elle s'allume dans toute la ville.

Chrysost. Hom. de stat. 5, c. 3, t. 2, p. 62.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 265 / 388 题