Till. vie de S. Ambr. art. 44-47.]

La fête de Pâques approchait. C'était le temps où les Ariens avaient

coutume de redoubler leurs efforts pour se rendre maîtres des églises.

L'empereur presse de nouveau Ambroise de leur céder la basilique

Porcienne. Le prélat résiste; il offre au prince de lui abandonner les

terres de l'église; mais il refuse de livrer la maison de Dieu. Justine

lui fait donner ordre de sortir de Milan; on le menace de la mort s'il

n'obéit; il se détermine à ne point partir, et à se laisser enlever de

force plutôt que de se rendre coupable de l'usurpation de la basilique.

Il répond aux officiers de Justine: _Qu'il respecte l'empereur; mais

qu'il craint Dieu plus que le prince; qu'il ne peut abandonner son

église; que la violence pourra bien en séparer son corps, mais non pas

son esprit; que si le prince fait usage du pouvoir impérial, il ne lui

opposera que la patience épiscopale_. Le peuple, résolu de mourir avec

son évêque, accourt à l'église; il y passe plusieurs jours et plusieurs

nuits. Les églises étaient alors accompagnées d'un vaste enclos, qui

renfermait plusieurs bâtiments pour le logement de l'évêque et du

clergé. Tant que durèrent les attaques de Justine, le peuple ne sortit

pas de cette enceinte; et il en restait toujours un grand nombre dans

l'église même, où prosternés au pied des autels, qu'ils baignaient de

leurs larmes, ils imploraient pour eux et pour leur évêque le secours

du ciel. Ce fut en cette rencontre que, pour occuper le peuple et

dissiper l'ennui d'une si longue résidence, saint Ambroise fit pour la

première fois chanter des hymnes: il en composa lui-même qui firent

dans la suite partie de l'office de l'église. Il introduisit aussi le

chant des psaumes à deux chœurs; et cette coutume déja établie dans les

églises orientales, se répandit de Milan dans tout l'Occident.

[Note latérale: IV.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 249 / 388 题