Elle tente de leur donner une église à Milan.]

Cette princesse voulut l'établir dans une des églises de Milan. Elle

choisit la basilique Porcienne, qui était dans ce temps-là hors des

murs: c'est aujourd'hui l'église St.-Victor. Elle prévoyait une vive

résistance de la part d'Ambroise; mais elle était résolue de mettre en

œuvre en cette occasion toute la force du pouvoir impérial. Ne pouvant

pardonner à l'évêque d'avoir malgré elle placé un catholique sur le

siége de Sirmium, elle avait oublié l'important service qu'il avait

rendu à son fils, en s'exposant lui-même pour arrêter les progrès du

tyran, et ne cherchait qu'une occasion de le perdre. Valentinien fait

venir Ambroise au palais; et suivant la leçon dictée par sa mère,

il emploie d'abord la douceur pour l'engager à céder la basilique.

Sur le refus du prélat, à quoi on s'était bien attendu, il prend le

ton de maître; il commande, il menace. Ambroise est inébranlable: il

rappelle au jeune prince la piété de son père; il l'exhorte à conserver

cette précieuse portion de son héritage; il lui expose la croyance

catholique; il lui en montre la conformité avec celle des Apôtres, et

l'opposition de celle des Ariens. Cependant le peuple accourt en foule

au palais; il demande à grands cris qu'on lui rende son évêque. On

envoye un comte avec des soldats pour dissiper cette multitude: sans

s'effrayer ni se mettre en défense, elle se présente aux soldats et

s'offre à mourir pour sa foi. La cour intimidée de cette fermeté, prend

le parti de céder pour le moment; elle prie saint Ambroise d'apaiser

le peuple, et le renvoie avec parole de ne rien entreprendre sur la

basilique.

[Note latérale: LIII.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 237 / 388 题