Till. vie de S. Ambr. art. 38-42.]

Tandis que Maxime défendait en apparence la foi catholique, Justine

l'attaquait véritablement, et abusait de l'autorité de son fils pour

relever le parti des Ariens. La fermeté de Valentinien son mari

l'avait obligé de se contraindre tant qu'il avait vécu: elle n'avait

pas trouvé Gratien plus disposé à seconder ses intentions. Mais

après la mort de ce prince, lorsqu'elle crut la puissance de son

fils affermie par le traité conclu avec Maxime, elle leva le masque,

et se déclara hautement protectrice de l'Arianisme. Sa vivacité

naturelle était encore animée par les dames de la cour qui, depuis

la séduction d'Arius, s'étaient transmis comme de main en main le

poison de cet hérésiarque. Elle n'eut pas de peine à se faire obéir

du jeune Valentinien, esprit doux, facile, soumis sans réserve aux

volontés de sa mère. Il était bien d'une autre difficulté de subjuguer

Ambroise. Elle n'avait à lui opposer qu'un adversaire fort inégal dans

la personne d'Auxentius, que les Ariens avaient choisi pour être leur

évêque. Il était Scythe de nation, et se nommait Mercurinus. Mais ayant

été contraint de quitter son pays à cause de ses crimes, il avait

changé de nom, et pris celui de l'évêque Arien, auquel Ambroise avait

succédé. Ce faux prélat, sans talents, comme sans mœurs, faisait peu

de prosélytes: il ne comptait entre les siens aucun des habitants de

la ville. Tout son troupeau se réduisait à un petit nombre d'officiers

de la cour, et à quelques Goths. Il n'avait d'autre église que

l'appartement ou le chariot de Justine[620], qu'il accompagnait dans

ses voyages[621].

[Note 620: L'impératrice en usait sans doute ainsi à l'imitation

des Goths, dont les habitudes nomades ne permettaient pas qu'ils

eussent d'autre église qu'une tente qui les suivait dans tous leurs

déplacemens. Les Goths attachés au service impérial, avaient à ce qu'il

paraît conservé cet usage.--S.-M.]

[Note 621: _Prodire de Arianis nullus audebat; quia nec quisquam de

civibus erat, pauci de familia regia, nonnulli etiam Gothi. Quibus ut

olim plaustra sedes erat, ita nunc plaustrum Ecclesia est. Quocumque

femina ista processerit, secum suos omnes cœtus vehit._ Ambr., ep. 14,

t. 2, pag. 855.--S.-M.]

[Note latérale: LII.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 236 / 388 题