Cette lettre ne fit pas sur le pape l'impression que Maxime avait
espérée. Sirice blâma la rigueur employée contre les Priscillianistes,
et les plus saints prélats de l'Occident furent du même avis. Jamais
hérétiques n'avaient été plus dignes de punition; ils renouvelaient
toutes les abominations de ces sectes hypocrites et voluptueuses qui
avaient enveloppé sous de ténébreux mystères la débauche la plus
effrénée; mais l'église, en poursuivant l'hérésie, avait toujours
épargné la personne des hérétiques; elle ne connaissait d'autres
armes que ses anathèmes, et cette mère tendre, priant sans cesse pour
ses enfants égarés, demandait à Dieu, non pas leur mort, mais leur
conversion. L'acharnement de ces évêques les déshonora aux yeux de
toute l'église. Quoiqu'ils eussent été déclarés innocents dans un
synode tenu à Trèves par leurs partisans, le concile de Milan en 390,
et celui de Turin en 401, les condamnèrent. Idatius, qui était le moins
coupable, se démit volontairement de l'épiscopat, et perdit ensuite
le mérite de cette action par les efforts qu'il fit pour y rentrer.
Ithacius fut excommunié, et mourut en exil.
[Note latérale: XLVIII.
S. Martin se sépare de communion d'avec les Ithaciens.
Sulp. Sev. dial. 3, art. 15.
S. Ambr. ep. 24, t. 2, p. 891.