Till. vie de S. Mart. art. 9.]

Ithacius attendit l'événement de la guerre civile. Après la mort

de Gratien, lorsque Maxime eut choisi la ville de Trèves pour sa

résidence, l'évêque vint faire sa cour au tyran, et lui présenta une

requête dans laquelle il faisait une affreuse peinture des crimes de

Priscillien et de sa secte. Maxime, qui affectait un grand zèle pour la

foi et la discipline de l'église, manda aussitôt au préfet des Gaules

et au vicaire d'Espagne, de faire transférer tous ces hérétiques à

Bordeaux [_Burdigala_], où se devait assembler un concile. L'ordre fut

exécuté. Instantius tenta en vain de se justifier devant le concile:

il fut déclaré déchu de l'épiscopat. Priscillien, pour éviter la même

condamnation, refusa de répondre, et en appela à l'empereur. Le concile

eut égard à son appel; il s'abstint de prononcer contre lui, et toute

l'église blâma ces évêques d'avoir renvoyé à la puissance séculière

une cause ecclésiastique. On conduisit donc à la cour de Maxime,

et le chef et les sectateurs. Idatius et Ithacius les y suivirent

pour les accuser, et montrèrent, par un acharnement qui n'avait rien

d'apostolique, que la passion les animait plutôt que le zèle de la

vérité. Ithacius, le plus violent des deux, était un homme de peu de

jugement, hardi, hautain, grand parleur, aimant la dépense et la bonne

chère. Il voyait partout le Priscillianisme; la science, la régularité

des mœurs, l'extérieur mortifié n'osaient paraître à ses yeux sans être

soupçonnés d'hérésie.

[Note latérale: XLIV.

S. Martin s'efforce de sauver la vie aux hérétiques.

Sulp. Sev. l. 2, c. 65.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 228 / 388 题