Till. vie de S. Damase, art. 14.]

La guerre que Symmaque avait déclarée à la religion chrétienne, rendit

quelques chrétiens injustes à son égard. Les murs de Rome étaient

d'une construction solide et très-magnifique; les pierres remarquables

par leur étendue, étaient liées ensemble avec l'airain et le plomb:

les citoyens avides venaient pendant la nuit enlever ces métaux, et

dégradaient leurs propres murailles. Valentinien chargea le préfet

d'en informer. On accusa Symmaque d'avoir saisi cette occasion pour

se venger du peu de succès de sa requête; d'avoir fait enlever des

chrétiens du sanctuaire des églises, pour leur faire éprouver les

tourments de la question; d'avoir mis en prison des évêques mêmes

qu'il envoyait prendre dans les provinces. L'empereur, dans un premier

mouvement d'indignation, rendit contre le préfet un édit sévère, lui

ordonnant d'élargir tous les prisonniers, et de cesser ses poursuites

injustes. Symmaque se justifia en défiant les accusateurs de prouver

leur calomnie, en prenant à témoin toute la ville de Rome; et, ce qui

n'admettait point de réplique, en s'appuyant du témoignage même du

pape Damase, qui reconnut par écrit qu'aucun chrétien n'était fondé à

se plaindre du préfet. Je ne dois pas oublier ici une circonstance qui

fait honneur au christianisme, à l'occasion de l'ordre que Valentinien

avait donné à Symmaque de mettre les prisonniers en liberté:

_J'ignore_, répondit-il, _quels sont ceux que votre majesté veut que je

délivre; nous avons ici dans les prisons plusieurs criminels; j'en ai

pris connaissance; il n'y a pas un chrétien_. Peu de temps après, les

habitants de Milan ayant prié Symmaque de leur envoyer un professeur

d'éloquence, que la ville devait entretenir, saint Augustin, qui

n'était pas encore revenu des erreurs de sa jeunesse, poursuivit cet

emploi. La vanité l'avait conduit d'Afrique à Rome pour y enseigner la

rhétorique; mais il n'était pas content des désordres qui régnaient

dans les écoles. Symmaque, à la recommandation de quelques Manichéens,

se détermina en sa faveur, après avoir éprouvé sa capacité par un

discours public, dont il fut très-satisfait.

[Note latérale: XXXVIII.

Sirice succède à Damase.

Prosp. Chr.

Idat. chron.

Marcel. chr.

Pagi ad Baron.

Hermant, vie de S. Ambr. l. 4. c. 1.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 222 / 388 题