Mais l'intérêt de la religion païenne était l'affaire la plus
importante de Symmaque. Ce fut pour la soutenir sur le penchant de
sa ruine, qu'il réunit tout ce qu'il avait d'activité, d'adresse
et d'éloquence. Il s'était déja inutilement adressé à Gratien, qui
n'avait pas même daigné répondre à sa requête. Il comptait trouver
moins de fermeté dans un prince de treize ans qui, malgré le traité de
paix, devait craindre Maxime et ses intrigues. Dans cette espérance,
il assembla le sénat; les sénateurs chrétiens furent exclus de la
délibération. On fit un décret en forme de plainte, sur lequel Symmaque
dressa son rapport[601]; il l'envoya à l'empereur en qualité de préfet
de Rome, obligé par le devoir de sa charge de rendre compte au prince
de ce qui se passait dans la ville.
[Note 601: Cette pièce longue et curieuse, intitulée: _Relatio
Symmachi urbis præfecti_, se trouve dans les œuvres de S. Ambroise,
avec les lettres qu'il adressa à l'empereur Valentinien sur le même
sujet.--S.-M.]
[Note latérale: XXXII.