Till. vie de S. Martin, art. 8.]

Maxime le mandait souvent à la cour; il le traitait avec honneur;

et soit par hypocrisie, soit par les accès passagers d'une piété

superficielle et inconséquente, il aimait à s'entretenir avec lui de

matières de religion; mais la femme de Maxime, dont le nom n'est pas

venu jusqu'à nous, avait pour le saint prélat une vénération plus

profonde et plus sincère. Elle l'écoutait avec docilité, elle lui

rendait les devoirs les plus humbles et les plus assidus; et comme la

piété prend quelquefois une forme singulière dans les femmes de la

cour, elle voulut un jour, avec la permission de son mari, le servir à

table. Elle apprêta elle-même les viandes; elle lui donna à laver, lui

servit à boire, se tint debout derrière lui, et recueillit avec respect

les restes de son repas. Saint Martin y consentit avec peine, en faveur

de quelques prisonniers, dont il sollicitait l'élargissement.

[Note latérale: VIII.

Théodose reconnaît Maxime pour empereur.

Zos. l. 4, c. 37.

Ambr. ep. 24, t. 2, p. 891.

Themist. or. 18, p. 217, 220 et 221; et or. 19, p. 227.

[Socr. l. 5, c. 12.]]

L'accommodement du jeune empereur et du tyran ne pouvait subsister

sans l'agrément de Théodose. La protection de ce prince était devenue

nécessaire à Valentinien et à Justine, qui gouvernait sous le nom

de son fils. C'était la crainte de Théodose, plus que la difficulté

du passage des Alpes, qui retenait le tyran dans la Gaule. Maxime

redoutait un guerrier habile et heureux, qui faisait de grands

préparatifs pour venir jusque sur le Rhin lui arracher le fruit

de son crime. Pour conjurer cette tempête, il envoya son grand

chambellan[509]. C'était un homme grave et avancé en âge, qui dès

l'enfance de Maxime, avait été attaché à son service. Le député, sans

entreprendre de justifier son maître au sujet de la mort de Gratien,

exposa à Théodose l'état de l'Occident, le traité conclu et la foi

donnée; il lui représenta qu'au lieu de désoler l'empire par une guerre

civile, qui favoriserait les desseins des barbares toujours prêts à

forcer leurs barrières, il était plus à propos de réunir contre eux les

forces des deux États; qu'il trouverait dans Maxime un guerrier capable

de couvrir les bords du Rhin, tandis qu'il défendrait lui-même ceux du

Danube; il finissait par demander son amitié et son accession au traité

des deux princes[510]. L'empereur ne se trouvait pas encore en état

d'entreprendre une guerre si éloignée. Pour mieux assurer la vengeance

qu'il devait à son collègue et à son bienfaiteur, il crut qu'il lui

était permis de dissimuler et d'attendre une occasion que l'ambition de

Maxime ne pouvait manquer de lui procurer. Il accepta les propositions

du tyran, le reconnut pour empereur des pays qui lui avaient été cédés,

et consentit que les statues de Maxime fussent placées à côté des

siennes, de celles de Valentinien et de son fils Arcadius[511].

[Note 509: Ὁ τοὺς βασιλικοὺς φυλάττειν ἐπιτεταγμένος κοιτῶνας. Zos.

l. 4, c. 37.--S.-M.]

[Note 510: Il demandait, selon Zosime, l. 4, c. 37, un traité de

paix, et une alliance contre tous les ennemis des Romains, σπονδὰς καὶ

ὁμόνοιαν καὶ ὁμαιχμίαν κατὰ παντὸς πολεμίου Ῥωμαίοις.--S-M.]

[Note 511: Zosime rapporte, l. 4, c. 37, que Théodose ordonna

au préfet du prétoire Cynégius, qu'il envoyait en Égypte, d'y faire

proclamer Maxime et d'exposer ses images à Alexandrie, τὴν Μαξίμου

εἰκόνα δεῖξαι τοῖς Ἀλεξανδρευσιν ἐπέταξεν.--S.-M.]

[Note latérale: IX. Arcadius Auguste est confié aux soins d'Arsène.

Idat. chron. fast.

Marcel. Chr.

Prosp. Chr.

Chron. Alex. p. 304.

Themist. or. 16, p. 200, 204 et 213; et or. 18, p. 224.

Socr. l. 5, c. 10.

Soz. l. 7, c. 12.

Theod. lect. l. 2, c. 63.

Zos. l. 4, c. 57.

Oros. l. 7, c. 34.

Hist. Miscell. l. 12, apud Murat, t. 1, p. 90.

Pagi ad Baron.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 198 / 388 题