Till. vie de S. Ambr. art. 34.]

Un guerrier plus actif que Maxime aurait profité de l'effroi que sa

victoire avait répandu, pour se rendre maître de tout l'Occident;

mais soit qu'il craignît d'attirer sur lui les armes de Théodose en

s'approchant de ses États, soit qu'il voulût assurer ses conquêtes

avant que de les étendre, il s'arrêta dans la Gaule, et fixa son séjour

à Trèves. Ambroise, en passant par Mayence, y rencontra le comte

Victor. Le tyran l'envoyait de son côté à Valentinien, pour engager ce

prince à venir en Gaule, afin de concerter ensemble une paix solide et

honorable aux deux partis; il lui promettait une entière sûreté. Le

prélat étant arrivé à Trèves, ne put obtenir une audience particulière.

Il se présenta donc devant le tyran au milieu du conseil, quoiqu'il lui

parût que cette démarche dérogeait à la dignité épiscopale[493]. Il

exposa en peu de paroles l'objet de sa commission; c'était de demander

la paix à des conditions raisonnables. _Je ne la refuse point_, dit

Maxime; _mais c'est à Valentinien à venir lui-même la proposer: qu'il

me regarde comme son père; la défiance serait un outrage_. Ambroise

répartit, _qu'on ne pouvait exiger d'un enfant et d'une mère veuve,

qu'ils s'exposassent à passer les Alpes durant la rigueur de l'hiver;

qu'au reste, il n'avait aucun ordre de rien promettre sur cet article;

qu'il n'était chargé que de traiter de la paix_. Maxime, sans vouloir

s'expliquer davantage, ordonna au prélat d'attendre le retour de

Victor. Ambroise, au milieu d'une cour ennemie, n'ayant pour lui que

Dieu et son courage, osa se séparer de communion d'avec l'usurpateur;

et sur la plainte que lui faisait Maxime: _Vous ne pouvez_, lui

dit-il, _participer à la communion des fidèles, qu'après avoir fait

pénitence d'avoir versé le sang de l'empereur_. Enfin, Victor arriva;

il rapporta que Valentinien était prêt d'accepter la paix; mais qu'il

refusait d'abandonner l'Italie pour venir en Gaule. Sur cette réponse,

Maxime congédia saint Ambroise, qui, ayant pris sa route par la Gaule,

rencontra à Valence, en Dauphiné, de nouveaux députés que Valentinien

envoyait à Maxime. En traversant les Alpes, il en trouva tous les

passages gardés par des troupes de l'un et de l'autre parti[494].

[Note 493: _Non esse hunc morem sacerdotalem_, comme il le dit

lui-même dans la lettre, où il rend compte à Valentinien le jeune,

du succès de son ambassade auprès de Maxime. Ambr. ep. 24, t. 2, p.

888.--S.-M.]

[Note 494: _Legati iterum missi ad Gallias, qui ejus (Valentiniani)

adventum negarent, apud Valentiam Gallorum me repererunt: milites

utriusque partis, qui custodirent juga montium, offendi revertens._

Ambr. _ibid._ t. 2, p. 890.--S.-M.]

[Note latérale: III.

Accommodement de Maxime et de Valentinien.

Ambr. ep. 18, t. 2, p. 838.

Socr. l. 5, c. 11.

Soz. l. 7, c. 13.

Zos. l. 4, c. 47.

Vict. epit. p. 232.

Marc. Chr.

Baronius.

Pagi ad Baron.

Reines. insc. cl. 3, nº 63.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 193 / 388 题