L'évêque de Milan, où Gratien faisait alors sa résidence la plus
ordinaire, profitait de la bonté naturelle de l'empereur, pour le
porter à des actions de clémence. Mais plusieurs officiers du palais,
qui ne cherchaient qu'à perdre leurs ennemis ou leurs rivaux, tâchaient
d'éloigner de l'oreille du prince un prélat si opposé à leurs projets
violents ou injustes. Un magistrat s'était échappé en discours
injurieux contre l'empereur; il en fut convaincu et condamné à mort.
Comme on le conduisait au supplice, Ambroise accourut au palais pour
intercéder en sa faveur. Les ennemis que cet infortuné avait à la
cour, ayant bien prévu cette sollicitation, avaient engagé le prince à
une partie de chasse dans son parc: et lorsque Ambroise vint demander
audience, on lui répondit que l'empereur était à la chasse, et qu'il
n'était permis à personne d'aller troubler ses plaisirs. L'évêque
feignit de se retirer; mais il trouva moyen de s'introduire secrètement
par une autre porte avec les valets qui menaient les chiens. Alors
s'étant présenté à Gratien, il se fit écouter malgré les contradictions
des courtisans, et ne quitta le prince qu'après avoir obtenu la grâce
du coupable.
[Note latérale: XLIII.
Gratien travaille à la destruction de l'idolâtrie.
Ambr. ep. 17, t. 2, p. 824 et 829.
Cod. Th. l. 16, tit. 10, leg. 20.
Zos. l. 4, c. 36.
Till. Grat. art. 14.
Vie de S. Damase, art. 13.
Vie de S. Ambr. art. 33.