L'idolâtrie s'affaiblissait de jour en jour. Constantin lui avait porté
les premiers coups: Gratien et Théodose se proposaient d'en achever
la ruine. Une mort prématurée traversa le projet de Gratien; Théodose
eut le temps d'y réussir, mais il ménagea ce dessein avec prudence;
et, avant que d'abattre les temples, il voulut en miner les fondements
par diverses ordonnances. Il se contenta cette année de bannir
des temples les sacrifices et les cérémonies superstitieuses, par
lesquelles on consultait les Dieux sur l'avenir. L'année suivante, il
usa d'indulgence à l'égard des païens de l'Osrhoène[449]. Il y avait à
Édesse un temple fameux, orné de magnifiques statues, et qui servait de
lieu d'assemblée au peuple de la ville. On avait obtenu de l'empereur
un ordre de le fermer, ce qui excitait les murmures de tout le pays.
Théodose permit de le rouvrir, à condition qu'on n'abuserait pas de
cette liberté pour y célébrer les sacrifices dont il avait interdit
l'usage.
[Note 449: Par une loi du 30 novembre 382, adressée à Palladius duc
de l'Osrhoène.--S.-M.]
[Note latérale: XXXVI.
Exploits de cette année.
Zos. l. 4, c. 33 et 34.
Socr. l. 5, c. 24.
Oros. l. 7, c. 35.
Jornand. de reb. Get. c. 50.