Aug. de opere Monach. c. 28. t. 6, p. 498.]

Quelques-uns des évêques assemblés à Constantinople ne s'occupaient

pas seulement des affaires de l'église, qui devaient être leur

unique objet; ils se mêlaient dans les querelles séculières, et se

laissaient traduire devant les tribunaux pour y servir de témoins.

Théodose défendit d'y contraindre aucun évêque; il déclara qu'un

évêque ne pouvait, sans déshonorer son caractère, se faire entendre

publiquement en qualité de témoin. Il permit de citer les prêtres

en témoignage; mais il les exempta de la question, qui était alors

en usage dans les causes criminelles, pour assurer la vérité des

dépositions, à condition qu'ils seraient sévèrement punis s'ils étaient

convaincus de faux; _car_, dit-il, _ceux qui abusent de nos respects

pour couvrir la fraude et le mensonge, méritent les châtiments les

plus rigoureux_. Après la conclusion du concile, il renouvela l'ordre

qu'il avait déja donné, de remettre toutes les églises entre les

mains des évêques qui professaient la vraie foi sur le mystère de la

Trinité; et pour les reconnaître à une marque sensible, il désigna

nommément, dans toutes les provinces de l'empire, les prélats les

plus orthodoxes, déclarant qu'il ne tiendrait pour catholiques, que

ceux qui communiqueraient avec eux. Pour honorer encore le caractère

épiscopal, il fit transférer d'Ancyre à Constantinople les reliques

de Paul, évêque de cette dernière ville, que les ariens avaient fait

mourir à Cucusus, sous le règne de Constance. Le corps fut déposé dans

une église, qui porta dans la suite le nom du saint; c'était celle

que Macédonius son persécuteur avait fait bâtir, et cette translation

fut regardée comme un triomphe que le martyr remportait après sa mort

sur ses ennemis. A l'occasion de cette cérémonie, Théodose renouvela à

l'égard de Constantinople, la loi ancienne qui défendait d'enterrer les

corps ou les cendres des morts dans l'enceinte de Rome et des villes

municipales; il n'excepta que les reliques des martyrs, et les corps

des empereurs, qui avaient leur sépulture dans le vestibule de l'église

des Saints-Apôtres, où l'on permit aussi d'inhumer les évêques de

Constantinople. J'ajouterai ici une autre loi de Théodose, quoiqu'elle

n'ait été faite que cinq ans après. Il s'introduisait dès-lors une

sorte d'imposture, qui devint dans les siècles suivants beaucoup plus

commune et plus scandaleuse. Des charlatans, qui, selon saint Augustin,

étaient pour la plupart des moines hypocrites et vagabonds, abusaient

de la simplicité des peuples; ils allaient de ville en ville, et

vendaient de fausses reliques de martyrs. Théodose tâcha d'abolir ce

honteux trafic, capable de décréditer les vrais objets de la vénération

des fidèles; il défendit de transférer un corps hors de sa sépulture,

de vendre, ni d'acheter des reliques.

[Note latérale: XXXI.

Concile d'Aquilée.

Append. Sirm. ad Cod. Th.

Baronius.

Hermant, vie de S. Ambr. l. 2, c. 18, 22, 23.

Till. Arian. art. 137 et vie de S. Flavien, art. 4.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 165 / 388 题