Imper. Orien. Band. t. 1, p. 92, t. 2, p. 491, 789.]

Tandis que les évêques employaient les armes spirituelles pour abattre

l'erreur, l'empereur armait contre elle l'autorité des lois. Dès les

premiers jours du mois de mai, lorsque les prélats s'assemblaient,

il donna le signal par deux lois[446] contre les apostats et les

manichéens, qu'il déclara incapables de tester et de recevoir aucun

héritage, aucune donation testamentaire. Gratien, deux ans après,

suivit son exemple[447]. Pendant la tenue du concile, il défendit

aux ariens de bâtir aucune église, ni dans les villes ni dans les

campagnes, sous peine de confiscation du fonds sur lequel on aurait

osé en construire. Pour mettre sous un seul point de vue toutes les

lois de ce prince contre les hérétiques, je les rassemblerai ici en

peu de mots. Il leur interdit toute assemblée, même dans les maisons

particulières, et s'ils contrevenaient à cette défense, il permit aux

catholiques d'user de voies de fait pour les dissiper; cette permission

pouvait être d'une dangereuse conséquence. Il leur défendit d'ordonner

des prêtres ou des évêques; il commanda de rechercher leurs ministres

et de les forcer de retourner dans leur pays natal, avec défense d'en

sortir ni de demeurer à Constantinople sous quelque prétexte que

ce fût. Il avait surtout en horreur les manichéens; ces hérétiques

se divisaient en plusieurs sectes, dont quelques-unes avaient des

pratiques aussi contraires à la pudeur qu'à la religion; il proscrivit

ces sectes infames; il déclara punissables de mort ceux qui seraient

convaincus d'y être engagés; il ordonna au préfet du prétoire d'en

faire la recherche[448]. Il renouvela plusieurs fois ces lois; mais

il est à remarquer que la dernière année de son règne, il rendit

aux eunomiens la liberté de donner et de recevoir par testament. On

apporte diverses raisons de cette variation; la plus vraisemblable à

mon avis, c'est que l'empereur s'éloignant alors de Constantinople,

où il laissait ses deux fils, voulut, par cette indulgence, adoucir

l'aigreur de ces hérétiques, qui formaient un parti redoutable.

Sozomène observe que les peines portées contre les hétérodoxes dans

les lois de Théodose, n'étaient que comminatoires; qu'elles ne furent

jamais mises à exécution, et que ce prince ne témoignait d'estime qu'à

ceux qui revenaient à l'église par un mouvement libre de leur volonté.

D'ailleurs, il s'étudia à couvrir de mépris les hérésiarques. Ce fut

dans ce dessein qu'il fit poser dans la grande place les bustes en

marbre de Sabellius, d'Arius, de Macédonius et d'Eumonius. Ces bustes

ne s'élevaient que de deux ou trois pieds au-dessus du terrain, et

étaient exposés à toutes les insultes des passants.

[Note 446: Ces lois données à Constantinople, sont datées des 2 et

8 mai 381.--S.-M.]

[Note 447: Comme on le voit par une loi datée de Padoue le 22 mai

383.--S.-M.]

[Note 448: Ce surcroît de rigueur contre les Manichéens fut

prescrit par une loi donnée à Constantinople le 31 mars 382.--S.-M.]

[Note latérale: XXX.

Lois en faveur des évêques.

Cod. Th. l. 11, t. 39, leg. 8, 10. l. 16, tit. 1, leg. 3; l. 9, tit.

17; leg. 6, 7.

Socr. l. 5, c. 9.

Soz. l. 7, c. 10.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 164 / 388 题